L’ancien garde des Sceaux, Tayeb Louh, est convoqué aujourd’hui pour être entendu par le conseiller instructeur près la Cour suprême. L’ex-ministre de la Justice est poursuivi pour des « faits à caractère pénal relatifs à la corruption », selon un communiqué publié le 23 juillet dernier par le procureur de la République près le tribunal de Sidi-M’hamed et s’est vu notifier une interdiction de sortie du territoire national (ISTN).

Son audition aujourd’hui pourrait lui valoir un placement sous contrôle judiciaire, voire une mise sous mandat de dépôt et incarcération préventive comme, avant lui, d’autres anciens ministres de l’ère Bouteflika.
D’après le communiqué du 23 juillet, l’Office central de répression de la corruption (OCRC) a été chargé «d’ouvrir une enquête préliminaire à l’encontre du dénommé Tayeb Louh, ex-ministre de la Justice, concernant des faits à caractère pénal relatifs à la corruption», et ce, «conformément aux dispositions de l’article 11 alinéa 03 du code de procédure pénale complété et modifié ». «Dans ce cadre, une interdiction de sortie du territoire national (ISTN) a été émise à l’encontre du concerné, conformément à l’article 36 bis 1 du code de procédure pénale», ajoute le communiqué. Outre les accusations liées à des faits de corruption, Tayeb Louh aura contribué à l’issue de son passage au ministère de la Justice à soulever, selon les observateurs, un certain nombre de questions sur la réforme du département ainsi que sur l’indépendance de la justice. Les faits de corruption dans lesquelles ministres, patrons et hauts responsables de l’Administration sont présumés impliqués datent, en effet, pour certains, du temps où Tayeb Louh était ministre de la Justice.
Comment de telles affaires ont pu être tues pendant toutes ces années, alors que d’autres, qui étaient traitées avant, à l’exemple de l’affaire Sonatrach et de l’Autoroute est-ouest, ont été soit bâclées, soit vidées de leur substance, s’interrogent ces mêmes observateurs. D’où l’appel de la Cour suprême en faveur de la réouverture de ces dossiers, plusieurs années après avoir été instruits par la justice.
L’ex-ministre de la Justice Tayeb Louh a été plusieurs fois ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, avant d’accéder au département de la justice, du 11 septembre 2013 au 31 mars 2019, lors des changements opérés au sein du gouvernement par l’ex-chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, la veille de sa démission, le 2 avril.