Le leader du parti Talaie El Hourriyet a, de nouveau, défendu sa vision de sortie de crise et plaidé pour la préparation et l’organisation d’une élection présidentielle pour mettre fin à la crise politico-institutionnelle que vit le pays.

Ali Benflis, qui a reçu une délégation du panel du dialogue et de médiation, ainsi que son chef de file Karim Younès, a estimé qu’un scrutin présidentiel tenu selon les standards de crédibilité et de transparence est la solution la moins coûteuse pour l’Algérie dans sa recherche d’une issue au déficit de confiance dont souffrent aujourd’hui ses institutions et à la panne de gouvernance qu’elle connaît.
Dans ses échanges avec la délégation du panel, le numéro 1 de Talaie El Hourriyet a indiqué que sa « conviction » est que « l’élection présidentielle est la voie la plus réaliste, la moins longue, la moins risquée et la moins coûteuse pour le pays aux plans politique, sécuritaire, économique et social ». A la condition, a-t-il-précisé, que « soient réunies les conditions politiques institutionnelles et légales et un environnement favorable pour la tenue d’un scrutin permettant, pour la première fois, au peuple algérien d’exercer librement son choix du président de la République sans que sa volonté ne soit dévoyée». Par conditions, Ali Benflis et son parti visent quatre points, dont les deux plus importants sont « la création d’un environnement apaisé pour le succès du scrutin, par l’adoption de mesures de confiance et d’apaisement », allusion sans doute à la libération des détenus d’opinion, ainsi que la nécessité d’envoyer «des signaux forts de la part des autorités quant à la volonté de garantir la régularité, la transparence et l’intégrité du scrutin ». Le chef de Talaie El Hourriyet réitère surtout son appel au « départ du gouvernement en place ». Selon lui, l’Exécutif actuel est « devenu un facteur important dans l’impasse actuelle, un obstacle au déroulement confiant et serein du dialogue national et une entrave sérieuse à la bonne gestion des affaires publiques ». Si M. Benflis et sa formation accordent tout leur soutien au panel – comme ils l’ont dit durant la rencontre d’hier – ils n’ont toutefois pas manqué de relever que l’une des clés du succès de son action actuelle – fortement critiquée par différents courants de l’opinion et au sein du mouvement populaire pour le changement – est de militer pour le départ du gouvernement de Noureddine Bedoui.
Un «gouvernement de compétences» pour gérer les affaires courantes
A la place, Talaie El Hourriyet et son leader souhaitent la mise en place d’un « gouvernement de compétences nationales pour gérer les affaires courantes ». Une des grandes missions qu’il aura à mener est de concourir à « la création d’une autorité électorale indépendante ad hoc», investie de l’intégralité des prérogatives afférentes à la préparation, l’organisation et au contrôle du processus électoral présidentiel, et qui le prend en charge depuis la révision des listes électorales jusqu’à la proclamation des résultats. L’autre action consistera en «la révision de la législation électorale actuelle pour supprimer les niches de la fraude, combler les lacunes, revoir l’architecture de l’encadrement du processus électoral, lever les entraves au libre choix de l’électeur et garantir un scrutin impartial, régulier et transparent».
Si toutes ces conditions sont réunies, cela équivaut, selon M. Benflis, à une situation politique permettant au « peuple souverain d’exercer les prérogatives que lui confère la Constitution dans ses articles 7 et 8».
Quid de l’option de la Constituante ? En bon politique qui a des ambitions présidentielles et devant donc fédérer toutes les forces et courants agissants dans le pays, Ali Benflis ne la refuse pas catégoriquement. Mais il dit sur un ton retenu, mais très critique, avoir des « réserves » à son égard et « aux risques qu’elle ne multiplie les impasses, qu’elle prolonge indûment la durée de la crise et qu’elle n’aboutisse à son extension et à son exacerbation ». Le changement de régime politique, la transition démocratique et l’élaboration d’une nouvelle Constitution, comme c’est souvent revendiqué par le Hirak, seront pris en charge par le futur président élu dans un « mandat de transition ».
Il est à noter que Benflis a remis à la délégation du panel un « mémorandum » qui consigne les idées et prises de position que son parti a exposées lors de l’entretien avec la délégation du panel.