Les femmes de cette zone frontalière protestent depuis plusieurs jours dans la rue et se rassemblent devant le siège de l’APC pour réclamer une structure de soins qui réponde aux normes hospitalières et la réhabilitation de la route reliant la commune de Bordj Badji Mokhtar (frontières avec le Mali) et Réggane, 650 km de route sur des pistes et chemins à travers le désert de Tanezrouft.

Ahmed, 11 mois, victime d’une brûlure au 2e degré et pour absence de médecins et de moyens médicaux dans les structures de soins locales, devait être conduit par ses parents vers l’hôpital de Réggane à 650 km (12 heures de route) pour être soigné. Un cas parmi des centaines d’autres, qui se retrouvent obligés de parcourir cette distance et plus en plein désert pour une consultation, un accouchement ou traitement médical chez un spécialiste. On se souvient encore de la famille de cinq membres retrouvés morts dans le désert de Tanezrouft à destination de Réggane en juin dernier. Depuis, la ville bouillonne. Les autorités avaient promis ce jour-là de lancer les travaux de réhabilitation de la route sablonneuse, mais rien n’a été fait depuis. C’est d’ailleurs ce qui a poussé les femmes de cette commune isolée à sortir dans la rue et réclamer la concrétisation des promesses, ainsi que l’amélioration des services de santé, notamment l’installation de spécialistes et l’aménagement des établissements de soins qui ne répondent pas, selon elles, aux normes minimes de prise en charge des patients.
Beaucoup se perdent sur les pistes désertiques ou en cours de route en se rendant à Reggane, le point le plus proche. C’est le sort des centaines d’habitants de l’extrême Sud et des régions frontalières, In Guezam, Bordj Badji Mokhtar, Tinzaouatine et Timiaouine. Les femmes de cette zone frontalière protestent depuis plusieurs jours dans la rue et se rassemblent devant le siège de l’APC pour dénoncer l’inertie des autorités face à leurs souffrances qui perdurent. Elles réclament une structure de soins qui répond aux normes hospitalières et la réhabilitation de la route reliant la commune de Bordj Badji Mokhtar (frontières avec le Mali) et Réggane, 650 km de route sur des pistes et chemins à travers le désert de Tanezroufte. Les soulèvements populaires dans l’extrême Sud, qui ont eu lieu depuis avril dernier dans les communes de Tinerkouk, Adrar, Tinzaouatine Timimoune et d’autres, ne cessent de s’intensifier et de se propager. Ils réclament des postes de travail, l’amélioration des services de soins et des conditions sociales plus humaines.n