Le metteur en scène, scénariste et auteur, Youcef Taouint, anime depuis le 18 août dernier, en collaboration avec le «Petit Théâtre» de l’Office Ryad el Feth (Oref), un atelier de formation dédié aux techniques d’interprétations. Un programme d’initiation qui prend fin, ce jeudi après-midi, avec l’organisation d’une représentation au niveau de la salle Ibn-Zeydoun, un premier contact pour certains stagiaires avec une véritable scène. En effet, l’atelier de formation était ouvert à une vingtaine de jeunes comédiens amateurs, certains relativement expérimentés, d’autres découvrant les planches pour la première fois.
Rencontré, mardi dernier, en marge d’une séance de répétition avec les jeunes comédiens, âgés entre 19 et 30 ans, où ils échangeaient, entre autre, sur la manière de se positionner sur scène par rapport au public, Youcef Taouint a fait savoir que l’atelier qu’il a proposé à l’Oref avait pour objectif d’offrir un cycle de formations s’attardant plus spécialement sur «l’interprétation»,
L’auteur, comédien et metteur en scène, notamment connu dans la profession pour son engagement aux côtés des jeunes comédiens amateurs, en plus de son activité à la tête du Mouvement théâtral de Koléa, nous explique que «la formation se penche plus particulièrement sur l’interprétation, c’est-à-dire, la diction, l’articulation ou encore l’expression corporelle…». L’encadreur précise, toutefois, qu’une formation de cinq jours restait très limitée pour arriver à une réelle initiation, il ajoute néanmoins que «l’essentiel est de transmettre une vision générale du théâtre, qui sera également l’occasion de leur montrer comment monter un spectacle». Youcef Taouint explique ainsi, qu’en fait, «très souvent les jeunes comédiens amateurs n’ont pas de metteur en scène avec eux, l’idée est donc de leur montrer comment aboutir à un spectacle, comment s’exercer seul avec une ‘lecture italienne’ du texte ». Laissant, par ailleurs, entendre qu’il y avait une forte demande pour ce type d’ateliers, à tel point que les organisateurs, qui tablaient au départ sur une classe de quinze personnes, ont dû revoir ce chiffre à la hausse en retenant vingt comédiens. Il s’avère, par ailleurs, que le cycle proposé par Youcef Taouint a attiré bien au-delà des seuls comédiens amateurs. Certains participants sans expérience dans le domaine, ou exerçant dans des secteurs d’activités très éloignées, recherchent ainsi à travers le théâtre une sorte de développement de leurs aptitudes personnelles. «Le théâtre aide la personne à tous les niveaux, dans la manière d’apprendre, de parler, d’échanger avec autrui, mais aussi de communiquer de manière non verbale… », explique ainsi l’encadreur.
Le «réservoir» du théâtre national
Une formation qui sera par ailleurs clôturée dans des conditions proches du réel, lors d’une représentation programmée ce jeudi après-midi à la salle Ibn Zeydoun de l’Oref. Le metteur en scène et formateur souligne : «Nous présenterons un petit montage d’environ vingt minutes et nous verrons bien ce que cela donnera. » Youcef Taouint, qui animait, pour rappel, une émission de radio dédiée à l’activité théâtrale en Algérie, est par ailleurs revenu pour nous sur la situation d’un secteur qu’il qualifie de « réservoir » du théâtre national. Il affirme à ce sujet que «le théâtre amateur est le réservoir du théâtre (…) Si l’on revient à l’histoire du théâtre algérien, tous nos grand comédiens en sont issus, Sirat Boumediène, Azzedine Medjoubi… sans le théâtre amateur, le théâtre professionnel n’aurait pas été le même». Youcef Taouint nous précise néanmoins que l’activité culturelle souffrait toujours de la problématique du manque de moyens financiers et d’espaces d’expression. «D’une manière générale, les comédiens ou les troupes de théâtre amateurs ont, aujourd’hui, besoin de moyens, au-delà du talent, cela reste indispensable pour monter des spectacles. Il faut, par exemple, financer l’intervention d’un scénographe, d’un
chorégraphe peut-être, ou encore l’auteur de la pièce… »
La question des espaces, théâtres régionaux, ou simples salles de répétitions, impactant quant à elles la capacité des comédiens à s’exercer et à se produire face à un public. Ainsi, «la question du manque d’espaces se pose pour la présentation ou même pour les répétitions (…) et au-delà, nous avons également des difficultés pour la distribution du spectacle. Les troupes, les comédiens, ont besoin d’être sur scène régulièrement», estime le metteur en scène, qui compte et espère organiser d’autres ateliers de ce genre. Il est à rappeler Youcef Taouint travaille actuellement avec le théâtre de Tizi Ouzou pour la sortie d’une pièce intitulée «Shakespeare et ses compagnons». Une pièce qui devrait être proposée au public avant la fin de l’année.n