L’Institut Cervantès d’Alger convie  les cinéphiles à la clôture du cycle du cinéma contemporain avec la projection du long métrage «También la lluvia » (Même la pluie) de Montxo Armendáriz, le jeudi 22 août à 18 heures.  Ce long métrage de fiction aborde deux thématiques centrales, imbriquées l’une dans l’autre. Celle de la difficulté de faire du cinéma et les difficultés économiques des Boliviens, notamment à travers la fameuse «guerre de l’eau». Dans le synopsis du film, il est souligné qu’il s’agit de l’histoire d’un cinéaste et son équipe de production qui arrivent à Cochabamba, en Bolivie, pour tourner un film sur la découverte du Nouveau Monde par Christophe Colomb et les abus de la conquête espagnole. Le producteur a choisi la Bolivie et non les Caraïbes, car le niveau de vie y est beaucoup moins élevé. L’équipe doit choisir sur place des Boliviens aux traits indigènes pour jouer les «Indiens».
Le film montre les difficultés du tournage, qu’il s’agisse des querelles entre acteurs ou des problèmes matériels liés au budget très serré et à la reconstitution historique des événements.
Le film montre aussi les difficultés économiques de la Bolivie, à travers le personnage du principal acteur bolivien qui participe avec ses voisins à la construction de canalisations afin que leurs maisons soient alimentées en eau courante. Le groupe a acheté les tuyaux et prend sur son temps libre pour mener à bien ce projet. Malheureusement, la police les empêche d’y parvenir. Le gouvernement bolivien a, en effet, chargé des sociétés privées de s’occuper de l’approvisionnement en eau et s’oppose donc à ce que certains contournent le système privé en construisant leurs propres canalisations. Les Boliviens, qui sont trop pauvres pour payer l’augmentation du coût de l’eau (liée à la privatisation), sont furieux et des manifestations ont lieu dans toute la ville. Ces manifestations débouchent sur des affrontements très violents entre la police et les manifestants, dans ce qu’on appelle «la guerre de l’eau».