«La primauté du politique sur le militaire», l’une des résolutions de la charte de la Soummam, a été remise au goût du jour lors du rassemblement organisé, hier, à Ifri-Ouzellaguen, à l’occasion de la commémoration du 63e anniversaire de la tenue du congrès de la Soummam, qui intervient cette année en plein mouvement populaire du 22 février. Pour donner un sens politique plus explicite à ce principe emprunté à Abane Ramdane, les milliers de citoyens qui se sont déplacés pour la circonstance, dans la vallée de la Soummam, n’ont pas cessé de scander, hier, le slogan cher au Hirak «Dawla Madania Machi 3askaria».
A l’entrée du musée d’Ifri qui a abrité le meeting d’hier, deux imposantes banderoles donnent le la. On y transcrit ces deux mots d’ordre «La primauté du politique sur le militaire» et «Nous marcherons sur les pas du congrès de la Soummam jusqu’à l’obtention d’une indépendance effective». Sur d’autres pancartes on pouvait lire aussi «Libérez les détenus».
A noter que de nombreuses personnalités politiques et acteurs de la société civile ont fait le déplacement hier à Ifri pour prendre part à cette halte historique. Parmi les présents, on a remarqué certains membres de l’alliance des forces de l’alternative démocratique, dont Youcef Taâzibt du PT, Ali Laskri, Hakim Belahcel et Ahmed Djeddai du FFS, Fethi Gheras du MDS, Ouamar Saoudi, Atmane Mazouz, Nora Ouali et Rachid Saou du RCD, l’avocat Mokrane Aït Larbi.
Il y avait également le président du RAJ, Abdelwahab Fersaoui, le vice-président de la Laddh, Saïd Salhi, le député démissionnaire Khaled Tazaghart et le porte-parole de l’UDS, Karim Tabbou.
Prenant la parole devant la foule, le premier secrétaire national du FFS, le Dr Hakim Belahcel déclare que «le congrès de la Soummam a ouvert la voie à l’impossible : celle d’unifier le front de la libération du pays de l’oppression coloniale et d’inscrire la primauté du civil sur le militaire. Aujourd’hui le mouvement révolutionnaire du 22 février a ouvert la voie aux impossibles, à savoir, celles de libérer le pays de la dictature, d’unifier le pays autour de la nécessité d’un état civil, démocratique et non militaire, du respect strict des libertés et des droits humains.».
Abondant dans le même sens, le coordinateur de l’instance présidentielle du FFS, Ali Laskri déplorera que «notre pays n’a jamais connu une impasse aussi désespérante. Les clans du pouvoir se donnent honteusement en spectacle, pour imposer un candidat aux présidentielles.», affirmant que «seule une Constitution peut permettre l’établissement de l’Etat de droit. Faute de quoi l’exercice de la puissance publique continuerait à être illégitime, la justice continuerait à ne pas être indépendante équitable et unanimement respectée.». A noter qu’à la fin de ce rassemblement, la foule nombreuse présente sur les lieux a scandé haut et fort «Djazaïr Houra Démocratia» et «Dawla madania machi 3askaria». Le président du bureau régional du RCD de Béjaïa, Mohamed Labdouci, indique que «le RCD, comme chaque année,
revient à l’occasion de la célébration du 20 Août pour réaffirmer son attachement au message de la Soummam. Cette année, ce 63e anniversaire intervient dans un moment historique, où des millions d’Algériennes et Algériens sont sortis dans la rue pour rappeler l’attachement de tout un peuple à l’édification d’un État démocratique et social et de la primauté du civil sur le militaire.»
Pour l’orateur, la mobilisation extraordinaire d’aujourd’hui vient en prolongement aux revendications qu’exprime le peuple algérien dans sa volonté de l’instauration d’un changement radical dans le pays. «Ce rendez-vous historique est pour nous aussi une occasion de réitérer notre appel à une alternative démocratique qui doit impérativement passer par une transition. Nous avons, également, tenu aujourd’hui à l’exigence de la libération des détenus d’opinion et le départ du système et de tous ses symboles.», a-t-il soutenu.