Comme à la veille de chaque commémoration du Congrès du 20 Août 1956 tenu à Ifri Ouzellaguen (Béjaïa), le Front des forces socialistes (FFS) tient à rappeler son attachement à l’esprit et à la lettre de la plateforme de la Soummam.
La commémoration du 63e anniversaire du congrès de la Soummam intervient dans un contexte politique national très particulier avec le retour de la problématique de la «légitimité» du pouvoir, un principe auquel a toujours tenu le parti, à travers notamment sa revendication exigeant la primauté du politique sur le militaire.
«En cette veille de commémoration du 20 Août, qui marque le primat du politique sur le militaire, le FFS tient à exprimer son fort engagement et sa ferme détermination à accompagner le peuple algérien dans sa lutte pacifique pour l’avènement de la deuxième République et l’édification d’un Etat de droit et de liberté», a indiqué, hier, le parti dans un communiqué rendu public. Dans ce contexte, le parti a évoqué la situation qui prévaut au Soudan pour saluer la «mobilisation» des Soudanais tout en invitant les «tenants du pouvoir en Algérie» à enclencher «un dialogue sérieux», pour aboutir à «une transition démocratique effective». Pour le FFS, «la situation politique au Soudan vient de connaître une évolution notable», relevant qu’après «plus de huit mois d’une révolution populaire et une centaine de victimes parmi les manifestants, le pays semble entrevoir un début de solution à sa crise politique». Il estime que cette évolution «n’a été rendue possible que grâce à la forte mobilisation pacifique citoyenne et au lourd sacrifice du peuple soudanais face à un régime dictatorial qui a réprimé, emprisonné, condamné sans jugement, torturé et assassiné froidement des citoyens désarmés».
Le plus vieux parti de l’opposition ajoute que «cette mobilisation et ces sacrifices ont réussi à infléchir la junte militaire qui refusait toute transition et tout transfert de pouvoir aux civils, et ce, malgré le soutien de certains gouvernements qui ne souhaitent pas le succès de cette révolution populaire contagieuse pouvant menacer leurs intérêts stratégiques et économiques dans la région». Se félicitant ainsi de cette évolution, le FFS rend hommage au peuple soudanais, à sa classe politique et à sa société civile, pour «leur engagement exemplaire dans le combat pour la démocratie et l’Etat de droit avec pour seule arme le dialogue pacifique et la non-violence». Pour le parti, «l’exemple soudanais devrait inspirer les tenants du pouvoir réel en Algérie et les inciter à ouvrir un dialogue sérieux, inclusif, transparent et sans préalables, pour une transition démocratique effective».
Cette étape viendra «après avoir pris les mesures d’apaisement nécessaires à la réussite d’un tel dialogue, comme la libération des détenus d’opinion et le respect des libertés d’expression, de réunion et de manifestation», conclut le communiqué.