Favorable à l’option constitutionnelle, recommandant la tenue de l’élection présidentielle, Abdelaziz Belaïd a chargé, hier à Alger, les partisans d’un processus de transition. Défendant bec et ongles la nécessité de tenir l’élection présidentielle, le premier responsable du Front El Moustaqbal n’a pas mis de gants pour fustiger les partis politiques de l’opposition, aussi bien ceux regroupés au sein des « forces du changement» que ceux de l’alternative démocratique. A l’égard de ces formations politiques, l’ancien candidat au scrutin présidentiel annulé du 18 avril dernier et prétendant à celui du 4 juillet qui n’a pas eu lieu, reproche « l’opportunisme ». Aux yeux d’Abdelaziz Belaïd, les partisans d’un scénario de transition n’ont fait que rejoindre la « vague de la contestation populaire en soutenant le mouvement populaire enclenché le 22 février». Ainsi aucune des thèses défendues par les deux pôles de l’opposition ne trouve grâce auprès de M. Belaïd. Ni celle des« forces du changement », qui prône une période transitoire, dirigée par des personnalités nationales indépendantes, avant d’aller aux élections, ni celle du pôle démocratique, qui réclame une véritable période de transition. « Ceux qui se sont faufilés dans la révolution pacifique nous ont abaissé vers cette question des trois B, pour nous faire oublier cette question importante de la commission indépendante de l’organisation et le contrôle des élections », estime-t-il. La preuve de l’inadéquation de la revendication, expliquera-il, est que le temps est passé et les B sont toujours là ». Belaïd Abdelaziz fera savoir, par la même occasion, que son parti « ira au dialogue avec l’Instance de médiation et de dialogue dirigée par Karim Younès». «Nous souhaitons la réussite à ce panel. C’est pour que l’Algérie reste debout à travers la construction d’un Etat et des institutions pérennes », a-t-il soutenu.
Interrogé par sur cette particularité qui fait que le parti se garde à équidistance des deux pôles dominant l’échiquier politique, Raouf Maâmri, membre du bureau national et chargé de la communication du parti, a fustigé, lui aussi, l’option de la transition. « C’est surtout cette question de la période transitoire qui nous dérange parce que nous ne voulons pas de vide constitutionnel, notamment à travers cette approche qui veut établir une constituante», a-t-il plaidé.n