La bibliothèque du Centre d’études diocésain «Les Glycines» d’Alger a récemment bénéficié d’un important don privé d’ouvrages dédiés au grand écrivain algérien Mohamed Dib offert par l’universitaire Naddjat Khadda.

Avec cette nouvelle dotation, le Centre «Les Glycines» renforce ainsi son statut de l’une des rares bibliothèques en Algérie bénéficiant d’importants fonds privés mis à la disposition des chercheurs.
Sabrina Tensi, informaticienne et documentaliste de la bibliothèque du centre des Glycines, nous précise à propos de ce legs que «Nadjat Khadda nous a légué tout un fonds. Il y a 336 notices en tous, 210 livres et 19 titres de revues. La plupart du fonds est sur la critique littéraire, la linguistique, la philosophie et autres sujets généralistes». Elle souligne que Nadget Khadda, professeur de langue et littérature françaises à la retraite, a enseigné dans les universités d’Alger, Paris VIII et Montpellier. Elle a été directrice de l’équipe Adisem, puis Maître de conférences à l’université Paul-Valéry à Montpellier. Spécialiste en particulier de l’œuvre de Mohammed Dib, elle a aussi produit des analyses d’autres grands textes de la littérature algérienne de langue française, Feraoun, Mammeri, Kateb, Farès, Tengour, etc.

Legs privés des fonds d’Ageron, Mandouze et Delouz
Sabrina Tensi rappelle également que le fonds de la bibliothèque du centre des Glycines a déjà bénéficié d’importantes dotations qui ont enrichi les ouvrages mis à la disposition du public. «Nous avons aussi reçu trois importants fonds d’ouvrages, en l’occurrence le fonds Charles-Rebert Ageron, le fonds Mandouze et le fonds de l’architecte Jean Jacque Delouz», a-t-elle souligné.
En effet, ces legs importants sont venus étoffer le fonds documentaire, notamment en 2008, avec celui de la bibliothèque du professeur André Mandouze, premier recteur de l‘université d’Alger à l’Indépendance, latiniste, historien de l’Afrique antique et spécialiste de patristique latine, et de Saint Augustin. Le fonds Mandouze compte environ 2 200 titres. Puis, en 2011, le legs de la bibliothèque du professeur Charles-Robert Ageron, historien de l’Algérie contemporaine et des décolonisations, compte 2 500 titres.

Un centre dédié à la recherche et au dialogue
Fondé en 1966 par Monseigneur Tessier, le Centre d’études diocésain «Les Glycines» est une institution d’étude et de recherche relevant de l’Eglise catholique et consacrée à l’étude de l’histoire de l’Algérie et de son patrimoine culturel, linguistique et religieux, ainsi qu’à la promotion du dialogue des cultures et des religions. «Nous avons voulu dès le début de la création de ce centre, au milieu des années soixante, implanter une plateforme culturelle réunissant des personnes de différentes nationalités, cultures et religions», nous a déclaré sœur Chantal, directrice du Centre d’études diocésain, indiquant que «la bibliothèque du Centre est parmi les bibliothèques les plus rares sur Alger qui dispose d’un catalogue en ligne depuis plusieurs années».

Onze mille ouvrages mis à la disposition des adhérents
La Bibliothèque de recherche rassemble, ainsi, divers fonds privés légués au centre. Les domaines couverts sont l’histoire de l’Algérie et du Maghreb, la géographie, l’archéologie, l’architecture, la littérature maghrébine de langue arabe et de langue française, la cartographie de l’Algérie et du Maghreb, la linguistique et l’étude des dialectes maghrébins arabes et berbères, l’anthropologie, l’ethnographie, les études islamiques et le dialogue interreligieux. Le fonds comprend environ 90 000 notices et plus de 1 100 titres de revues et périodiques.
La bibliothèque de prêts comprend 11 000 ouvrages de littérature française, linguistique, didactique, littérature maghrébine et africaine de la langue française. La documentariste Sabrina Tensi ajoute que «la plupart de la documentation que nous avons dans la bibliothèque est sur l’histoire et l’architecture». «Je précise que nous avons les livres de l’histoire d’architecture et non pas les plans architecturels», a-t-elle précisé. Elle ajoute que le public qui fréquente notre Centre d’études sont des étudiants en post graduation, (chercheurs, doctorants, etc.)
Le Centre d’études «Les Glycines» est un lieu pour la recherche, affirme sœur Chantal, expliquant que les adhérents peuvent rester travailler à la Bibliothèque du Centre. A ce propos, elle déclare que «les chercheurs peuvent consulter les catalogues sur le net et puis venir chez nous pour travailler. Nous offrons également de l’hébergement pour les personnes qui habitent loin». En effet, «Les Glycines» propose une résidence pour des chercheurs de tout le pays et de toutes disciplines, dont les travaux sont relatifs au Maghreb et à l’espace méditerranéen. Auprès de ces derniers, le Centre joue un rôle d’interface avec ses réseaux et ses partenaires locaux. Le Centre d’études offre ainsi un profil très diversifié, propice aux échanges entre chercheurs et entre disciplines.

Conférences et formations tout au long de l’année
Depuis la fondation du centre diocésain, des conférences sont régulièrement organisées et animées par des universitaires et chercheurs algériens et étrangers. Les thèmes abordés couvrent l’histoire, le patrimoine et les questions socioéconomiques relatives à l’Algérie, au Maghreb et au monde arabe. Ainsi, «l’université pour tous», gratuite et ouverte à tous, se veut un lieu de rencontres et d’échanges des savoirs universitaires actuels en sciences humaines et sociales favorisant l’esprit critique et de la réflexion. Sœur Chantal nous explique :
«Nous avons un cycle annuel de conférences où nous abordons plusieurs thèmes. Nous avons une série de projections cinématographiques». Ajoutant : «Nous demandons aux adhérents de notre bibliothèque de communiquer les résultats de leurs recherches en conférence. Nous diffusons également les nouveautés de la recherche sur notre site.»
En outre, le centre «Les Glycines» organise également des cycles de formations dans les langues anciennes (session de latin par les textes) et en langue française (soutien pédagogique avec analyse de textes scientifiques et fonctionnement de la langue pour étudiants de licence, master et doctorat inscrits en sciences humaines). Des cours d’arabe sont également dispensés pour ceux qui souhaitent communiquer au quotidien en arabe dialectal ou s’initier à l’arabe académique. «Les Glycines» propose un enseignement aux francophones et non francophones, en cours réguliers et sessions intensives. La directrice du centre nous souligne à ce sujet : «Nous enseignons la langue arabe, (arabe algérienne ou classique) pour les étrangers et même pour les Algériens qui vivent à l’étranger. Pour pouvoir rencontrer les gens et communiquer avec eux il faut savoir parler leur langue.» Précisant que «nous enseignons l’arabe avec la méthode «Kamel» créée par les sœurs et les pères blancs. Elle permet aux étrangers (adultes) d’apprendre l’arabe à plusieurs niveaux et leur permet de se débrouiller dans les tâches quotidiennes, au marché, rencontres, des occasions, etc. Nous leur apprenons les formes de politesse pour chaque occasion. Apprendre une langue fait toute la différence dans les relations humaines».
Par ailleurs, il existe la possibilité d’adhérer à «l’association des amis des Glycines». Cette association a été créée dans le but de favoriser le rayonnement des projets et actions du Centre d’études diocésain des Glycines d’Alger, en Algérie, et à l’étranger. Les membres de l’association peuvent également contribuer à la politique d’acquisition, de conservation et de valorisation de la bibliothèque. L’association œuvre, également, à favoriser toute action de mécénat dédiée à la politique scientifique et pédagogique du Centre d’études diocésain.