La villa Dar Abdellatif accueille, aujourd’hui dès 15 heures, le vernissage de l’exposition du peintre Mohammed Bakli, sur l’initiative de l’Agence algérienne pour le rayonnement de la culture (AARC).

A l’occasion de cette exposition, qui se poursuivra jusqu’au 5 septembre prochain, l’artiste convie le grand public et les amateurs d’art à découvrir une sélection d’une trentaine de toiles, inspirées pour beaucoup d’une vision philosophique et spirituelle et, pour d’autres, d’une approche artistique de l’évolution de la société algérienne. Ce rendez-vous artistique sera également l’occasion de découvrir les talents d’écriture de Mohammed Bakli, qui devrait également présenter son ouvrage intitulé «le Dernier bastion », un texte romanesque prenant pour toile de fond l’histoire contemporaine du pays.
Artiste peintre, originaire de Ghardaïa, Tafilelt plus exactement, et dont la carrière avait, pour rappel, débuté dès les années 1980 après une longue initiation suivie, entre autres, aux écoles des Beaux-Arts de Constantine, Alger ou Bruxelles, Mohammed Bakli nous précise que son texte, récemment publié aux éditions Darelnomane, avait naturellement un lien avec les arts et leur place au sein de la société.

Du pinceau à la plume
A la veille du vernissage de son exposition à la villa Abdellatif, l’artiste-peintre et écrivain nous explique que la situation du pays et les difficultés qu’il rencontre dans chacune de ses évolutions, mais aussi les dramatiques événements qui ont secoué la ville et la région de Ghardaïa, étaient au centre du manuscrit publié au début de ce mois d’août. «Je parle des tourments de tout un peuple et de géopolitique (…) L’ouvrage se penche sur l’une des pages de notre histoire. Ce qui, à mon sens, nous a permis d’arriver aux manifestations et au déferlement que nous voyons dans les rues d’Alger». L’auteur, ayant fait le choix de partager son point de vue sous la forme de roman, ajoute, par ailleurs, à propos des événements subis par sa région natale et du traitement qu’il en fait que «c’est aussi une page, un drame, que j’ai moi-même vécu de l’intérieur et qui m’a inspiré». Précisant que «dans cet ouvrage, il y a deux acteurs principaux, un personnage qui a une certaine expérience du pouvoir, alors que l’autre est un sage, qui accompagne des jeunes et fait son possible pour apaiser les esprits». Le titre «le Dernier bastion » est, quant à lui, un «symbole de la résistance de tout un peuple». L’auteur y partage – comprend-on en substance – une vision qui essaie de dépasser les clivages, «allusion à ce qui s’est passé à Ghardaïa ». Mais plus encore « à toute l’Algérie, aux difficultés que connaît le pays depuis qu’il essaie de trouver sa place dans la monde». Et c’est dans le même esprit, et le même regard «spirituel» que Mohammed Bakli partagera, également, avec le public de la villa Dar Abdellatif une trentaine de toiles, inédites ou «issues de précédentes expositions». Un moyen également, explique Mohamed Bakli, de mettre en scène l’évolution de son style. Débuté par des œuvres impressionnistes, avant d’évoluer petit à petit vers la figuration puis le semi-abstrait, aujourd’hui dans une abstraction pure qui caractérise une large part de ses toiles.

Un parcours engagé pour l’art et la société
Plasticien, scénographe, professeur, formateur aussi, Mohamed Bakli a, à son actif, bon nombre d’expositions personnelles dans plusieurs villes en Algérie et à l’étranger, notamment en Tunisie, en France, en Italie, à Belgrade et à New York. Il participe à de nombreuses expositions, notamment à Alger au début de sa carrière en 1984, au centre Abane-Ramdane où il avait exposé, aux côtés de grands noms de l’art contemporain algérien, à l’instar d’Issiakhem et de Martinez. Ses œuvres ont été acquises par plusieurs institutions en Algérie et en France, mais aussi par des particuliers en Algérie, en Argentine, en Allemagne, en France, en Suisse et aux USA. Mohamed Bakli a aussi réalisé plusieurs scénographies, dès le début des années quatre-vingt-dix, pour de nombreux spectacles notamment pour le compte de la compagnie «Accrorap», avec le metteur en scène Mohammed Islam Abbas et du spectacle «Prière pour un fou» de Kader Attou au Centre chorégraphique de Belfort (France). L’artiste, à la personnalité engagée, en parallèle de sa carrière dans les arts plastiques, a mené plusieurs actions dans le domaine humanitaire environnemental et social en France et en Algérie. Il a été honoré par plusieurs organismes et associations, dont l’association «civ-œil» d’Oran, la direction de la culture de Ghardaïa, de Bordj Bou-Arréridj et, en France, par notamment l’«ARETE de Besançon» et «Triangle humanitaire » de Lyon.