Est-ce que cela était surprenant ? Non. Est-ce que c’était impressionnant ? Oui. Absolument. Parce que c’était du haut niveau. Du très haut niveau même. Sur les cinq buts inscrits par son équipe face à West Ham samedi, Riyad Mahrez était impliqué dans la construction. Une ouverture de Premier League très aboutie réalisée par Manchester City. Le champion en titre a annoncé la couleur et l’Algérien a brillé de mille feux. Etincelant et prometteur.

Deux passes décisives et un penalty obtenu pour participer grandement à l’impeccable entrée en lice des « Citizens » en championnat d’Angleterre. Le Fennec a fait l’étalage de son talent hors pair. Oui, le gaucher a toujours eu du ballon dans le magasin. Mais là, il est en passe de franchir un cap. C’est certain. On l’avait déjà noté lors de la Coupe d’Afrique des nations 2019 (21 juin – 19 juillet) que l’Algérie avait gagnée alors qu’il avait le brassard.
Le natif de Sarcelles, a été dans la continuité de sa fin de saison avec les Mancuniens quand Pep Guardiola, son entraîneur, avait décidé de l’utiliser comme carte gagnante lors du finish infernal avec Liverpool pour la lutte contre la consécration anglaise. Pendant le tournoi africain, le capitaine d’ « El-Khadra » était le métronome. Il donnait le tempo des rencontres et faisait bon usage des ballons qu’il touchait. C’était un footballeur serein et sûr de son dernier geste et ses prises de décisions qu’on avait vu à l’œuvre. Pas beaucoup de dribbles, de la verticalité et une présence dans le travail défensif. C’était déjà un « nouveau Mahrez ».

Le foot à plein nez
Au sortir du premier match contre le Sénégal en phase de poules de l’épreuve continentale, il avait époustouflé un certain Arsène Wenger, ancien coach d’Arsenal, qui voulait l’engager quand il drivait le team londonien sans que cela n’aboutisse. « Mahrez a fait exprès d’alterner entre la rapidité et la lenteur lorsqu’il avait le ballon. Cette variation du rythme a perturbé la défense sénégalaise. Beaucoup peuvent penser que Mahrez a joué un match ordinaire mais je peux vous assurer que c’est lui qui a contrôlé le temps de la rencontre », avait analysé le technicien français.
Il avait aussi souligné le « talent rare » d’un footballeur au physique pas très imposant mais au bagage technique intarissable. La suite de la compétition de la CAF est venue confirmer la superbe forme de l’ancien de Leicester City. Au total, il a eu le temps de planter 3 buts dont celui splendide et mémorable contre le Nigéria sur coup franc magistral à la dernière minute. Une réalisation qui avait envoyé les siens en finale jouée et gagnée au détriment du Sénégal. Après être rentré d’Egypte, Mahrez a passé quelques jours de vacances. Il a, aussi, décidé de se faire opérer du… nez. Une septoplastie qui devait l’aider à mieux respirer. Dans le foot, au plus haut niveau, ce sont des détails qui peuvent faire toute la différence sur les plans de la récupération et la reproduction d’efforts. Plus d’air c’est plus d’oxygène et, par extension, moins de fatigue. Une intervention qui a entraîné son forfait lors du Community Shield gagné face à Liverpool. Un duel auquel il n’a pas pu participer car il avait pris des médicaments qui pouvaient donner des résultats positifs en cas de test antidopage. Il avait fait son grand retour samedi. Et on a eu droit à un Mahrez qui respire le football. Il pourrait être un maître à jouer des « Sky Blues. A condition de rééditer ce genre de prestations.