Jour de colère et de blessés. Les Palestiniens de Jérusalem –Al Qods- ont fêté le premier jour de l’Aïd El Adha dans l’affrontement avec la police militaire israélienne après la prière à Al-Aqsa sur l’esplanade des mosquées. Le Croissant-Rouge palestinien a fait état 61 blessés, dont une quinzaine ont été hospitalisés. La police militaire a dénombré quatre blessés dans ses rangs et fait état de sept arrestations. Peu après ces accrochages, le porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas, Nabil Abu Rudeineh, a tenu le gouvernement israélien pour responsable des «incursions de colons» aux abords de la mosquée d’Al-Aqsa. Dans un communiqué publié par l’agence de presse officielle palestinienne WAFA, M. Rudeineh a déclaré que M. Abbas était en contact avec «toutes les parties concernées pour stopper l’escalade israélienne» contre le peuple palestinien et les lieux saints, avertissant l’occupant israélien qui ne devrait pas «transformer ce conflit politique en conflit religieux». La Jordanie, de même que l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), ont dénoncé «l’agression» contre l’esplanade des Mosquées par les forces israéliennes, aussi blâmées par le secrétaire général de la Ligue arabe qui a appelé la communauté internationale à calmer le jeu pour éviter «une bataille religieuse dans la ville sainte» d’El-Qods occupée. «Cela montre la dimension religieuse du conflit» israélo-palestinien, a de son côté réagi Ismaïl Haniyeh, chef du mouvement de résistance palestinien Hamas, qui contrôle la bande de Gaza depuis 2007. L’esplanade des Mosquées se trouve à Jérusalem-Est, secteur palestinien de la ville occupée depuis 1967 par Israël, qui l’a ensuite annexée sans que cela ne soit reconnu par la communauté internationale. Elle est le troisième lieu saint de l’islam. Si son entrée est contrôlée par Israël, l’administration des lieux demeure la prérogative du Waqf, une fondation musulmane sous contrôle jordanien. Les juifs sont autorisés à s’y rendre pendant des heures précises mais pas à y prier afin d’éviter d’attiser les tensions. La situation s’y est alors tendue lorsque des centaines de juifs ont pu pénétrer dans le périmètre de l’esplanade pour commémorer une importante fête religieuse, Ticha Beav qui commémore la destruction, par les Babyloniens en 587 avant J.-C. puis par les Romains en l’an 70.

«C’est notre mosquée, c’est notre Aïd !»
« Les musulmans croient que le site «est à eux mais il est à nous!», a affirmé à l’AFP une jeune femme juive, Sophia Gehula Cohen, entrée sur le site. «Ça fait 2.000 ans qu’on attend pour être ici et le jour (anniversaire) où le Temple est détruit, on nous dit de ne pas entrer, c’est grave !» Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré avoir décidé à l’avance d’autoriser les juifs à y entrer «en consultation avec les corps de sécurité». «La question n’était pas de savoir s’ils pourraient y aller mais de trouver la meilleure manière de le faire pour (assurer) la sécurité publique et c’est ce que nous avons fait», a-t-il déclaré dans une vidéo postée sur Whatsapp. «C’est notre mosquée, c’est notre Aïd, mais l’armée est arrivée et elle a commencé à frapper et à lancer des grenades assourdissantes», a déclaré pour sa part Assia Abou Snineh, 32 ans. Dimanche, près de la barrière séparant Gaza du territoire israélien, un Palestinien a ouvert le feu sur des soldats israéliens avant d’être tué dans la riposte. «A la suite de cet incident, un char israélien a tiré sur un poste militaire de l’organisation terroriste Hamas dans la même zone», a précisé l’armée israélienne, assurant qu’il n’y avait pas eu de pertes de son côté. Le ministère de la Santé du Hamas à Gaza a confirmé le décès du Palestinien de 26 ans, originaire de Beit Hanoun, dans le nord de la bande de Gaza, dont la dépouille a été transportée dans un hôpital local. Samedi, l’armée israélienne avait tué quatre Palestiniens armés de fusils d’assaut, de lance-roquettes et de grenades qui tentaient selon elle s’infiltrer en Israël à partir du sud de Gaza. Plus tôt cette semaine, un jeune soldat israélien ne portant ni uniforme, ni arme a été retrouvé mort, poignardé, près d’une colonie juive en Cisjordanie occupée. n