L’instance nationale de médiation et de dialogue a programmé de rencontrer des organisations estudiantines afin d’entendre leurs membres et de discuter avec eux sur une issue à la situation de crise que vit le pays depuis le 22 février dernier, date du début de la contestation citoyenne qui revendique le départ du système décrié ainsi que tous ses symboles.

C’est à la demande de ces organisations, qui ont contacté les membres du panel que préside l’ancien président de l’APN Karim Younès, que ces discussions auront lieu. Mais il faut savoir que ce ne sont pas toutes les organisations estudiantines qui voudront aller à la rencontre de l’instance de médiation qui pourront être reçues par elle, avons-nous appris auprès d’une source proche du panel.
En effet, cette dernière a affirmé, dans une déclaration à Reporters, que «les organisations estudiantines ayant marché avec l’ancien système ne feront pas partie du dialogue». La raison est qu’«on considère que ce sont des opportunistes qui ne vont pas rater une occasion pareille pour se mettre encore une fois au-devant de la scène», a ajouté la même source.
Ainsi, les organisations estudiantines connues pour avoir été des relais et des soutiens du système dans l’université et les milieux estudiantins ne seront pas admises à la table du dialogue. C’est la même démarche adoptée envers certains partis politiques qui sera dupliquée envers les organisations estudiantines qui avaient fini par être surnommées (ainsi que d’autres organisations et associations) les organisations «satellitaires» du pouvoir d’alors.
De même que les partis de l’ex-alliance présidentielle, notamment le FLN et le RND, ont tenté de faire l’impasse sur leur relation avec le système décrié et ne cessent de lancer des signaux au panel pour prendre part au dialogue, il est attendu que les organisations «satellitaires» tenteront, elles aussi, d’opérer leur mue et de s’immiscer dans le processus de dialogue. Quoi qu’il en soit, pour l’heure, le calendrier des rencontres avec les organisations estudiantines sans connexion avec l’ancien système n’est pas encore établi, mais le panel devra rencontrer les étudiants à la fin de la semaine ou, au plus tard, au début de la semaine prochaine, selon la même source. Il convient de noter que dans les milieux estudiantins, il n’y a pas que ceux qui sont pour le dialogue – dont l’objectif principal est l’organisation de l’élection présidentielle dans les plus brefs délais – dans les conditions actuelles.
De nombreux étudiants sortent tous les mardis dans la rue dans des marches et rassemblements pacifiques pour le faire savoir. Répondant aux questions des médias à ce propos, lors d’une conférence de presse organisée jeudi dernier par le panel sous la présidence de Karim Younès, l’un des panélistes avait déclaré que «les étudiants contre la tenue du scrutin en question ont le droit de s’exprimer» mais qu’«il y a également les autres, ceux qui nous ont contactés pour discuter avec nous dans le cadre du dialogue national et qui se disent pour l’organisation de la présidentielle».
Il a ajouté que «c’est bien qu’il y ait des divergences». Cependant, «il faut éviter d’avoir une vision biaisée… Il faut avoir un spectre large… Il n’y a pas que les étudiants qui ne veulent pas du dialogue ou de l’élection. Il y en a d’autres qui ont une vision différente et qui ont pris attache avec le panel». Le panéliste a, par ailleurs, mis en avant le fait que «l’université est traversée par plusieurs tendances et plusieurs courants» et qu’il ne fallait, donc, pas généraliser.
Les discussions qu’aura l’instance de médiation avec les étudiants interviennent après celles qu’il avait eues, mercredi dernier, avec des jeunes du mouvement populaire.
Ils étaient 29 jeunes venus de 10 wilayas. C’était la première rencontre du panel dans le cadre du dialogue et il avait choisi les jeunes du Hirak comme symbolique, selon Karim Younès.n