Dimanche, premier jour de l’Aïd El Adha, après 18H, a été caractérisé par la recherche de l’hypothétique baguette de pain et les longues files d’attente devant les boucheries pour la découpe de la viande, ainsi que les escapades vers la plage ou la forêt.

Dans tous les quartiers d’El Tarf, peu de boucheries sont restées fermées bien que nous soyons au premier jour. Et pour cause, c’est l’occasion pour ces commerces d’améliorer leurs chiffres d’affaires, sachant que la découpe d’une seule carcasse varie entre 1 000 et 1 400 dinars.
En cette occasion, les bouchers se font aider par une armada de travailleurs occasionnels, voire par des apprentis, pour satisfaire toutes les sollicitations. La coupe se fait généralement le second jour, mais le nombre très élevé de pères de famille qui les sollicitent les ont contraints à ouvrir l’après-midi pour satisfaire une clientèle de plus en plus nombreuse. Il faut dire que ce phénomène a pris de l’ampleur, ces dernières années, jusqu’à devenir incontournable, car les citoyens préfèrent découper leur mouton par des professionnels pour éviter les ratages et le gaspillage et pouvoir ainsi remplir les congélateurs avec des morceaux bien proportionnés. « Habituellement, je découpe la carcasse moi-même avec l’aide de mes enfants ou celle de quelques voisins aimables, qui veulent bien sacrifier une ou deux heures pour cette opération assez éprouvante physiquement, mais depuis deux ou trois années, je ramène le mouton chez le boucher et j’en ai pour mon argent », indique Cherif, habitant à la cité Boulifa dans la commune d’El Kala, wilaya d’El Tarf. Ici au niveau de cette ville balnéaire plusieurs bouchers ont ouvert pour rendre service à des voisins de palier
au aux clients habituels. Au niveau des cités populaires, Meridima, les
Allemands ou les Crêtes, des citoyens bénévoles se chargent souvent de cette mission, « très délicate et harassante », avoue ami Mohamed Salim. Certains citoyens ne savent pas égorger le mouton et ont attendu jusqu’à midi.
Cette catégorie de personnes attendra le second jour de l’Aïd pour faire la découpe du mouton. « Je ne me casse pas la tête, dira un autre père de famille, je sais que les bouchers ambulants passeront dans mon quartier. » Il y a la dernière catégorie de personnes qui ne font appel ni au boucher du coin ni à celle du boucher ambulant, elle estime découper son mouton elle-même dans une ambiance familiale de grande fête en se faisant aider par des parents ou des membres de la famille. Une fois s’être acquittés de cette harassante besogne, ils sont sollicités pour une autre corvée, la recherche du pain qui se fait rare en cette journée de la fête du sacrifice. Le pain se vend au double dans certaines agglomérations où les permanences ne sont pas respectées. Les boulangers ou les ouvriers vont passer la fête en famille. Même cas pour les cordonniers, les coiffeurs d’El Tarf, qui sont pour la plupart de Mila, de Ferdjioua, Jijel. Une chose est sûre à El Tarf, cette wilaya de l’arrière-pays, les 70 % des commerçants viennent des wilayas de l’intérieur. A El Kala, cette ville balnéaire disposant de plages très prisées, les familles sont restées jusqu’à une heure tardive où on sentait l’odeur du méchoui.