Le Front des forces socialistes n’envisage pas de rejoindre ni de soutenir pour l’instant l’initiative de dialogue lancée par l’instance nationale de médiation et son chef de file, Karim Younès. Il n’est pourtant pas totalement rétif à l’idée d’y participer si les conditions et les critères qu’il juge nécessaires s’y prêtent réellement.

C’est en tous cas ce qui semble ressortir de la déclaration politique du parti, le 9 août dernier : un document résolument pro-Hirak, franchement dubitatif vis-à-vis de l’action entreprise par l’ancien chef de l’APN depuis que ce dernier a réapparu sur la scène politique nationale, fin juillet dernier, mais pas totalement fermé à son égard. «Le Front des forces socialistes salue et félicite le formidable peuple algérien pour sa courageuse détermination et pour son sens inouï d’engagement pacifique et unitaire », lit-on dans sa déclaration signée du Premier secrétaire Hakim Belahcel. «Ni les conditions climatiques contraignantes, ni les entraves sécuritaires à la liberté de circuler et de manifester et ni les appels pernicieux et manipulateurs pour pervertir les objectifs initiaux de ce sursaut populaire n’ont réussi à altérer la vocation et l’amplitude de la révolution populaire du 22 février, ajoute-t-il. « À l’instar du peuple algérien, le FFS ne sera jamais diverti de l’essentiel. Il continuera à lutter pacifiquement avec celles et ceux qui partagent les mêmes priorités et principes qui nous propulseront vers un changement radical du système et l’amorce d’une véritable transition dans le pays», affirme-t-il encore dans ce texte qui semble faire office de bilan de l’actualité politique du pays depuis le 22 février dernier, mais également d’annonce sur ces intentions vis-à-vis du mouvement populaire pour le changement : une attitude qui ne sacrifiera rien aux fondamentaux du FFS qui «continuera à se battre jusqu’à l’avènement de la 2e République et l’édification d’un état de droit et de liberté », mais qui n’exclut pas l’éventualité de s’asseoir à la table des discussions si elles s’avèrent libérées de tous calculs servant au pouvoir de gagner du temps et de réoccuper avantageusement le terrain.
Dans un message indirect au panel de Karim Younès, le FFS, en effet, «réitère son attachement à un dialogue véritable, libéré des agendas du pouvoir et imprégné du seul souci de répondre favorablement aux exigences moults fois ignorées du peuple algérien ». Il précise que « ce dialogue devra être global, sincère et inclusif » et qu’il « trouvera toute sa vigueur et efficience si des mesures facilitatrices seraient prises pour ramener la confiance et la sérénité qui manquent terriblement aujourd’hui».
Le FFS, qui craint que la poursuite de la crise n’engendre de nouveaux développements négatifs dont ceux de l’ingérence, prévient des conséquences de la lenteur qui peut retarder ce dialogue.
«Il est plus que temps aujourd’hui de nous inscrire dans un processus alternatif sérieux et adapté à la réalité algérienne sans que des forces étrangères s’interfèrent dans ses tenants et aboutissants », soutient-il.