Après avoir surmonté une zone de turbulences, qui a failli provoquer sa dissolution précoce, le panel de médiation et de dialogue, mené par Karim younès, a pu achever la semaine écoulée sur un bond qui l’avait amené dans le vif du sujet, en organisant ses premières consultations suivies d’une panoplie de promesses pour une véritable sortie de crise.
Force est de constater, cependant, que les critiques qui continuent de s’exprimer à son égard lui mettent davantage de pressions, qui s’ajouteraient vraisemblablement à un déficit d’adhésion populaire visiblement difficile à combler.
Surtout que l’ensemble des formations politiques, notamment celles des forces démocratiques, semble refuser et s’opposer au contenu du processus de dialogue en dépit de leur conviction que le dialogue est la voie de solution.
C’est ce que vient de signifier le Front des forces socialistes (FFS) qui, s’il réitère son attachement à un « dialogue véritable », ne manque pas d’exiger un dialogue « libéré des agendas du pouvoir et imprégné du seul souci de répondre favorablement aux exigences moult fois ignorées du peuple algérien». Une manière de dire que le contenu du processus de dialogue, engagé depuis l’installation de l’instance par le chef de l’Etat, ne correspondrait pas à la réalité de la crise.
Le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), autre formation constituant les « forces de l’alternative démocratique », développe, pour sa part, un rejet plus tranché de l’offre de dialogue dont il doute des intentions du pouvoir politique. Le parti invite ainsi à comprendre qu’il s’agit plutôt d’une volonté de faire diversion de la part des pouvoirs publics, dont l’objectif n’est autre que de « marginaliser la seule option de rupture viable, à savoir la transition démocratique et pacifique qui demeure la revendication de la majorité des animateurs et des acteurs du mouvement du 22 février». Plus que la question relative au contenu du dialogue, le RCD signe visiblement une méfiance à l’égard du pouvoir.
Les critiques ainsi formulées par les partis politiques exigent du panel de médiation et de dialogue un surcroît d’efforts de persuasion et de pédagogie politique pour donner des chances de succès à un processus engagé dans la douleur et sous le sceau de lourdes divergences, mais aussi de rapports de méfiance.