Après avoir affiché une baisse notable de son déficit commercial durant les cinq premiers mois de l’année 2019, soit 1,87 milliard de dollars contre 2,60 milliards de dollars (mds usd) au cours de la même période en 2018, la balance commerciale de l’Algérie a connu un mois de juin qui a totalement inversé la tendance, comme l’attestent les dernières statistiques publiées par la direction des études et de la prospective des Douanes (DEPD).

En effet, ce déficit est fortement remonté pour atteindre les 3,18 milliards sur l’ensemble du premier semestre de l’année en cours, alors qu’il était à 2,84 milliards de dollars à la même période en 2018. Cette forte hausse, entraînée par le dernier mois du premier trimestre, est le résultat des recettes exportations d’hydrocarbures dont les recettes ont poursuivi leur baisse, s’établissant à 17,65 mds usd contre 18,84 mds usd à la même période 2018, en recul de 6,31%, indique la DEPD.

Hydrocarbures : exportations en baisse
Sachant que les hydrocarbures représentent l’essentiel des ventes algériennes à l’étranger (93,10% du volume global des exportations durant la période de référence), les chiffres des exportations globales du pays ont donc systématiquement pâti de ce recul, se soldant par des recettes de 18,96 mds usd, contre 20,29 mds usd, avec des ventes hors hydrocarbures toujours marginales. Pire, ces ventes ont même reculé, se limitant au total insignifiant de 1,31 md usd, contre 1,45 md usd, (-10,01%), ajoute la même source, précisant que les exportations hors hydrocarbures étaient composées des demi-produits avec 995,12 millions usd (contre 1 129,94 md usd en 2018) en baisse de -11,93%, des biens alimentaires avec 208,02 millions usd (contre 202,33 millions usd) en hausse de 2,81%, des biens d’équipement industriels avec 44,77 millions usd (contre 51 millions usd) en baisse de -12,23%.
Elles étaient composées aussi des produits bruts avec 40,53 millions usd contre 52,36 millions (-22,59%), les biens de consommation non alimentaires, avec 19,10 millions usd, contre 17,42 millions usd, en hausse de +9,62% par rapport à la même période de comparaison, et enfin les biens d’équipements agricoles avec 0,19 millions usd contre 0,09 millions usd en hausse de 110,07%.

Importations : les biens alimentaires et les médicaments en recul
Concernant les importations algériennes, il a été enregistré une petite baisse de 4,30% durant le premier semestre de l’année en cours, après s’être chiffrées 22,14 mds usd, contre 23,14 mds usd durant la même période de 2018. Leur couverture a été assurée à hauteur de 86% (contre 88%). Autrement dit, l’Etat a continué à creuser à hauteur de 14% dans les réserves de changes pour assurer la couverture globale des achats à l’étranger.
Sur le même registre, le plus gros du recul en dépenses est à mettre à l’actif du groupe énergie et lubrifiants (carburants) qui a chuté de 62,22%, en s’établissant à 275,51 millions usd, contre 729,32 millions usd. Mais cette performance est loin de constituer une surprise, sachant que la forte tendance baissière de ce groupe s’affiche depuis déjà deux années, renforcée progressivement avec l’entrée en activité de nouvelles raffineries qui devraient, à court terme, mettre fin aux importations de certains lubrifiants.
La bonne nouvelle serait à peut-être à voir du côté des biens alimentaires dont les importations ont reculé de 10,52 après avoir atteint 4,127 mds usd contre 4,613 mds usd. Bonne nouvelle également en ce qui concerne les importations de médicaments destinés à la vente au détail et dont la facture s’est chiffrée à 521,42 millions usd, contre 650,16 millions usd à la même période de l’année précédente, soit une baisse de 19,80%.
Reste à savoir néanmoins si ce recul au profit de la balance commerciale l’est également pour la santé des citoyens qui sont nombreux à souffrir de l’indisponibilité chez les officines d’une grande liste de médicaments.
La même tendance baissière a été enregistrée par les biens d’équipements agricoles qui ont totalisé 253,06 millions usd, contre 275,41 millions usd (-8,12%), les biens d’équipements industriels avec 7,41 mds usd contre 7,82 mds usd (-5,24%) et enfin les biens de consommation (non alimentaires) avec 3,22 mds usd contre 3,30 mds usd (-2,36%).
Par contre, deux groupes de produits de la structure des importations ont connu des hausses durant la période de comparaison. En effet, les demi-produits ont totalisé 5,80 mds usd, contre près de 5,42 mds usd (+7,12%) et les produits brut ont atteint 1 04,07 md usd, contre 974,44 millions usd (+7,04%).

La France premier client, la Chine premier fournisseur
Sur la liste des principaux clients de l’Algérie, la France a repris la première place à l’Italie, après avoir acheté pour l’équivalent de 2,660 mds usd à notre pays, (soit une hausse de 14,98% qui porte à 14% les exportations algériennes vers ce pays. Suivent l’Italie avec 2,501 mds usd (-16,41%), l’Espagne avec 2,259 mds usd (-11,03%), les Etats-Unis avec 1,597 md usd (-17,74%) et la Grande-Bretagne avec 1,184 md usd (-16,29%).
Concernant les principaux fournisseurs de l’Algérie, la Chine reste indétrônable à la première place avec 4,219 mds usd (plus de 19% des importations globales algériennes), en hausse de 23,14%, suivie de la France avec 2,144 md usd (-5,93%), de l’ Espagne avec 1,678 md usd (-6,76%), de l’Allemagne avec 1,643 md usd (-0,83%) et l’Italie avec 1,577 md usd (-17,42%). Ces cinq fournisseurs représentent à eux seuls plus de 50 % des achats à l’étranger effectués par l’Algérie durant le 1er semestre 2019.