L’Arabie saoudite a accueilli officiellement 2.5 millions de fidèles, venus du monde entier pour  entamer le pèlerinage; ce rite religieux, a débuté  vendredi dernier et se terminera  demain, mardi.  

Jusqu’à nos jours, les structures hôtelières du Royaume wahabite ne suffisent pas pour contenir les millions de musulmans se rendant à la Mecque annuellement pour accomplir  ce rite religieux ; derniers des cinq piliers de l’islam. Raison pour laquelle, l’Arabie saoudite  se dirige pour le renforcement de ses capacités de réceptions et de structures hôtelières et tirer ainsi profit du  tourisme religieux.

D’ailleurs, ces dernières années,  des fleurons de l’hôtellerie de luxe ont été érigés dans des gratte-ciel près des lieux saints pour accueillir les fidèles. Précisément,  ce vaste complexe de gratte ciel baptisée abraj al beit ( Tours de la kaaba) , ouvert en 2012, a affiché  tous complet pour la période de hadj cette année. Cette gratte ciel  a, pour rappel,  été bâti sur le site de la forteresse historique Othoman Ajyad, dont la démolition avaient provoqué une crise diplomatique  entre l’Arabie Saoudite et la Turquie. L’intellectuel turc Ziauddin Sardar estime dans son ouvrage «  histoire de la Mecque » que 95% des édifices millénaires de la ville ont été démoli pour bâtir cet éruption de cloquant architectural. Pour son indépendance économique, l’Arabie saoudite a lancé  d’autres chantiers dans les lieux saints, comme l’agrandissement de la grande mosquée pour accueillir plus de fidèle.

Aux lieux saints, le tarif d’une chambre dépasse généralement les 1000 dollars en haute saison. De nombreux voyagistes spécialisés proposent des packages VIP pour un pèlerinage avec chambre donnant  sur la kaaba pour plusieurs milliers de dollars. Certaines agences de voyages privées proposent des formules pouvant atteindre les 25 000 dollars, selon un responsable saoudien.

Assez fermé jusqu’ici, le royaume  a fait du tourisme religieux qui  représente une industrie de milliards de dollars, l’une des pièces maîtresses de son programme de réforme à l’horizon 2030, visant à réduire sa dépendance au pétrole. Dans ce sillage, le royaume wahabite  a communiqué le lancement d’un projet consistant à transformer une cinquantaine d’îles de la mer rouge en stations balnéaires de luxe et la construction d’une cité du divertissement à Ryad. Ce pays qui impose de stricts codes sociaux, est cependant considéré par beaucoup comme un destination touristique improbable.  Ryad prévoit d’attirer 30 millions de pèlerins par an d’ici 2030 pour le hadj et le petit pèlerinage  qui peut avoir lieu à tout moment de l’année.