Samedi dernier, en soirée, le cinéma était à l’honneur à la salle « Cosmos » de l’Office de Riadh El-Feth. Au programme le film « Le sourire de Mona Lisa » avec une pléthore de bons acteurs, à leur tête, la star de Hollywood, Julia Roberts. C’était la veille de l’Aid el-Adha et donc il ne fallait pas s’attendre à grande foule. Les organisateurs, plutôt organisatrices, Ibtissam Nouar et Chafia Loudjici , le savaient d’avance. Les deux jeunes filles  sont les fondatrices du ciné club « Varda Film », et la projection de samedi était rien de moins que la 19e. Au rythme de deux  RDV cinématographiques par semaine (jeudi et samedi), « Varda Film » continue son chemin. Une constance qu’elles comptent poursuivre même en ce mois d’août.

L’absence du public, ou plutôt la faible affluence, durant cette période d’été, n’a pas démotivé les membres du ciné-club. Pour le film « Le sourire de Mona Lisa », il y avait, au début de la projection,  exactement 13 personnes dans la salle (une seule est sortie avant


Ibtissam Nouar (à gauche) et Chafia Loudjici, les membres du ciné-club « Varda Film »

 « Au début, quand on avait commencé, il y avait en moyenne une centaine de personnes dans la salle, mais ces dernières semaines,  on est avec une moyenne d’une dizaine  chaque soirée » explique Ibtissam Nouar. A se demander où sont les nombreuses personnes se présentant comme cinéphiles mais qui ne se déplacent que rarement, très rarement,  pour assister aux projections ! Finalement, l’argument du manque de salles de cinémas ne peut être retenu pour expliquer la morosité du secteur dans le pays. L’expérience de ce ciné-club est là pour donner une idée sur cette « réalité du terrain ». Ibtissam Nouar le déplore également « si je devais me fier aux personnes qui annoncent sur les réseaux sociaux leur venue aux projections, je dirai qu’on a environ 10% au final. Ainsi, si on a 1000 « je participe », on aura 100 personne dans la salle« . Allant dans le même sens, Chafia Loudjici précise, tout en souriant, que « par contre quand il s’agit des films Marvel, c’est la ruée sur les places. Je ne déplore pas cela bien-sur, mais on est en train de le constater, c’est tout« .

La version féminine de « Le cercle des poètes disparus »

Réalisé par Mike Nowel, « Le sourire de Mona Lisa« , même s’il date de 16 ans déjà, reste toujours « frais ». Il s’agit de l’histoire, qui se déroule en 1953, d’une jeune enseignante, « subversive », Katherine Watson (interprété par Julia Roberts) qui intègre une prestigieuse école pour filles .

Le sourire de Mona Lisa, affiche

A regarder « Le sourire de Mona Lisa« , il est quasiment impossible de ne pas faire le lien avec un autre film, réalisé 14 ans auparavant, « Le cercle des poètes disparus« .

La Katherine Watson ne serait que la version féminine de John Keaton (interprété par le défunt Robin Williams). La jeune diplômée de l’université de Bekerley enseigne l’histoire de l’art alors que le professeur du film réalisé en 1989 enseigne les lettres anglaises. Dans « Le sourire de Mona Lisa« , l’enseignante évoque très souvent le peintre néerlandais, Van Gogh (et son tableau « Iris« ), alors que Keaton était obsédé par l’auteur américain Walt Whitman et son fameux poème « Oh Capitaine, mon capitaine… ». Ces deux enseignants honnis par la direction de leur école, vénérés par leurs étudiants, et accusés d’anti-conformisme, vont bousculer les « usages ».

Julia Roberts (dans « Le sourire de mona Lisa ») et Robin Williams (dans « le cercle des poètes disparus »

Le film dans lequel brille Julia Roberts a également permis à d’autres acteurs de briller et de confirmer leur talents qu’ils ont fait exploser dans d’autres films. Maggie Gyllenhaal, Kirstin Dunst, Julia Stiles, et Dominic West, ont tiré leur épingle du jeu.

« Varda Film » se distingue, entre autres, par son côté participatif. le choix des films à projet se fait souvent selon l’avis des membres de la page facebook du ciné-club. Quel film sera au programme jeudi prochain?

@SalimKoudil