Pas moins de 2 655 défauts de contrôle techniques (scanner) et 399 refus d’obtempérer aux instructions de l’ingénieur des mines ont été constatés, selon un bilan du groupement territorial de la Gendarmerie nationale établi au titre de l’année 2018.

«Notre souci est votre sécurité», c’est le slogan choisi par l’agence de contrôle technique de véhicules lourd légers présentée sous le sigle CTB, située au niveau de la zone industrielle (desserte 3). Pour y accéder (en voiture), il faut payer
50 DA, un droit imposé par la régie de la ZI où sont implantés trois autres centres spécialisés dans le domaine.
Seuls les véhicules de l’Etat en sont exempts, nous fera remarquer le gardien muni de tickets, debout devant une barrière. Nous sommes reçus par le gérant Abderrahim Benmansour. Son fils Habib s’occupe des travaux de secrétariat divers. Accès interdit aux véhicules non concernés par le contrôle, avertit un écriteau surmontant le hangar. Rachid, un ingénieur en génie mécanique qui a suivi 3 mois de formation spécifique à Rouiba, entame son travail. Nous suivons le processus. Première étape : identification préalable du véhicule, soit la vérification du numéro de châssis et la plaque du constructeur sur la base de la carte d’immatriculation (carte grise) ; 2e étape : passage du véhicule sur la plaque de ripage destinée au parallélisme, soit la direction (triangles, rotules, silentblocs…), 3e étape : essai sur le banc de suspension (amortisseurs), 4e étape : test au freinomètre (frein à pied et à main), 5e étape : contrôle visuel au niveau de la fosse des valeurs calculées à la base via la console, 6e étape : analyse des gaz d’échappement (état de santé du moteur). A noter qu’il n’existe pas encore dans ce cadre de mesure acoustique (sonomètre). Ceci dit, la sécurité et le confort ne doivent pas occulter la protection de l’environnement, 7e étape (finale) : réglage du système d’éclairage (feux de route, stop, clignotants). Parallèlement au contrôle, l’agent technique fait lecture des données affichées sur la console (scanner). A titre indicatif, pour le déséquilibre de suspension, 30% d’efficacité et plus, RAS (rien à signaler), entre 30% et 50% ou au-delà, il est recommandé le remplacement des amortisseurs. A ce titre, il ressort d’un P-V établi à la suite d’un contrôle technique les observations suivantes : 1) frein de service : anomalie importante de fonctionnement avant, défaut à corriger avec contre-visite dans un délai de 15 jours, 2) commande du frein de stationnement : course importante arrière droit, défaut à corriger sans contre-visite, 3) rotule, articulation de direction : jeu mineur avant droit, (idem), 4) silentbloc de barre stabilisatrice : mauvais état, (idem), 5) carburateur, système d’injection : fuite, (idem), 6) pare-brise : fissure, cassure, (idem), 7) rétroviseur extérieur : mauvais état, (idem), 8), feux de route : détérioration de la glace avant, (idem), 9) feux stop : mauvais fonctionnement arrière, défaut à corriger avec contre-visite dans un délai de 30 jours.
La durée de contrôle ne dépasse pas 15 mn. Il faut savoir qu’en cas d’anomalie en rapport avec l’identification du véhicule, le gérant saisit l’Etablissement national de contrôle technique automobile (ENCTA) à Rouiba, selon le patron. Il ne manquera pas de souligner le souci déontologique dans ses rapports avec le client, allusion à certains qui en feraient fi, d’autant que les pratiques frauduleuses sont monnaie courante (informatique aidant). Un rapport mensuel sera adressé dans ce sens aux autorités compétentes, croit-on savoir. Par ailleurs, le CTB offre une autre prestation, à savoir l’installation du compteur de taxi ou taximètre ; le coût de la pose de cet appareil varie entre 34 000 et 37 000 DA. Quant à leur contrôle, il relève de l’Office national de métrologie légale (Oran). Rappelons que depuis le 1er juin 2018, il est imposé à tout chauffeur de taxi exerçant au niveau de la wilaya de Tlemcen, de doter le véhicule de taximètre, sous peine de se voir retirer les documents et interdit d’activité, selon la direction des transports. Dans ce contexte, il y a lieu d’indiquer que l’ENCTA a pour mission de réaliser ou de faire réaliser le contrôle technique périodique des véhicules automobiles, de définir les méthodes les plus appropriées, relatives aux visites, visant à assurer les meilleures conditions de sécurité et de prévention des accidents imputables aux défaillances mécaniques, d’inspecter les agences de contrôle technique de véhicules automobiles, de centraliser, de traiter et de diffuser les informations relatives aux visites techniques, de diffuser, sur tous supports, l’information relative à l’entretien des véhicules et de leurs équipements. En termes de délaï, et à titre indicatif, un véhicule de tourisme mis en circulation en 2004, contrôlé par exemple en juillet 2019, subira la visite périodique en juillet 2020 (soit 1 an de «répit»).
176 000 contraventions pour défaut de contrôle technique
Celui, à caractère utilitaire, datant de 6 ans, ne bénéficiera par contre que d’un an tout autant qu’un camion neuf. Alors qu’il n’est accordé à ce titre que 6 mois pour les ambulances et autres moyens de transport public (taxi, bus, autocar…) pour revenir au centre.
Quant au tarif pratiqué au niveau desdites agences, il est fixé (par la tutelle, l’ENCTA en l’occurrence) à 1 250 DA pour les véhicules particuliers, 1 410 DA appliqué aux utilitaires et 2 724 DA aux poids lourds, nous indiquera le gérant de CTB. Notons au passage que certains établissements d’entretien et de maintenance (vidange, graissage, vulcanisation) et autres stations-services offrent toujours des prestations en matière d’équilibrage (100 DA) et de parallélisme (500 DA). Il convient de signaler dans ce contexte que les véhicules de l’Etat, y compris ceux relevant des corps constitués, subissent les visites en question au niveau de ces centres de contrôle, hormis le parc roulant militaire (ANP) dont on ignore la procédure en la matière. Par ailleurs, l’ingénieur des mines est concerné par le contrôle de la conformité du numéro de châssis du véhicule, de l’existence de la plaque du constructeur et le nombre de places homologué (CI), selon le gérant de CTB. Au fait, le mythique ingénieur des mines (qui est abusivement confondu avec l’inspecteur du permis de conduire) a-t-il un lien de fait ou de droit avec lesdites agences agréées ? Il est à souligner que le contrôle technique périodique des véhicules automobiles, rendu obligatoire par la loi n° 87- 09 du 10 février 1987 relative à l’organisation, la sécurité et la police de la circulation routière, est devenu effectif à partir de février 2003. A ce titre, tout conducteur de véhicule est appelé à présenter le procès-verbal de contrôle technique appelé communément « scanner », un document nécessaire au même titre que le permis de conduire, la carte d’immatriculation et l’attestation d’assurance. L’application stricte de la loi par les services de police a permis d’enregistrer, en 2018, près de 176 000 contraventions relatives au défaut de contrôle technique, un chiffre jugé inquiétant, vu les risques présentés par ces véhicules sur les usagers de la route, selon l’APS. A noter que toute infraction en la matière est passible d’une peine d’emprisonnement de deux à six mois, assortie d’une amende de 20 000 à 50 000 DA ou l’une des deux sanctions. Dans ce sillage, il a été constaté 2 655 défauts de contrôle technique (scanner) et 399 refus d’obtempérer aux instructions de l’ingénieur des mines, selon un bilan du groupement territorial de la Gendarmerie nationale établi au titre de l’année 2018, celui dressé par la Sûreté de wilaya pour la même période n’y fait pas mention en l’occurrence. n