Le Centre de réflexion autour de l’entreprise organise, aujourd’hui à Alger, une table ronde durant laquelle les experts auront à intervenir pour apporter des éclairages sur « quelles priorités pour une feuille de route économique de l’Algérie à l’horizon 2022 ? »
Trois panels, indique le Care, seront tenus. Il s’agit des mesures nécessaires pour préserver et régénérer les grands équilibres budgétaires et de la balance des paiements, de la diversification économique, le soutien à l’investissement ainsi que la mise à jour du cadre de gouvernance et éthique des affaires. En termes de chiffres, il y a lieu de préciser, à titre d’exemple, que le solde global de la balance des paiements a affiché un déficit de 15,82 milliards de dollars (mds USD) en 2018. Même inquiétude pour l’équilibre budgétaire dont la réalisation nécessitera, selon les exports, un baril à 116 dollars. Des mises en garde auxquelles s’ajoutent d’autres données confirmant le déficit structurel des réserves de change, un financement conventionnel qui pousse l’inflation, une dégradation des finances publiques, ainsi qu’une dépréciation inédite de la monnaie nationale. Compte tenu de tous ces paramètres, le Care met en avant la nécessité du passage à un régime démocratique et à un cadre de gouvernance politique au service du citoyen et du progrès général du pays.
Sur le plan économique, ajoute le Care, «la dégradation rapide des comptes, le marasme général vécu par les acteurs, et la stagnation économique, sont un sujet d’inquiétude grandissantes». Dans la même optique, le Centre de réflexion autour de l’entreprise indique que «deux décennies de mauvaise gouvernance tournée vers la prédation et l’exploitation rentière des ressources naturelles du pays aboutissent aujourd’hui vers une situation critique, nécessitant des mesures d’urgence, et une absence dramatique de visibilité sur les perspectives économiques et sociales pour les années à venir». A maintes reprises, le Care a appelé à la construction d’un «véritable consensus national sur les réformes économiques à mener et ce, dans la perspective de la libération du potentiel de création et développement des entreprises, la diversification des activités, et l’élaboration d’un modèle de gouvernance économique transparent, responsable et équitable». En effet, la situation aujourd’hui est très préoccupante. Le nombre élevé de problèmes économiques montre clairement l’incohérence de la politique économique de ces dernières années. «La politique dite de financement non conventionnel s’est traduite en politique monétaire accommodante, dans les conditions d’inefficacité de fait du contrôle des changes, en raison de l’incapacité de la Banque d’Algérie à endiguer la fuite des capitaux via la surfacturation flagrante, avait précisé Mohamed Boukhari, économiste. De son côté, Omar Berkouk, expert financier, souligne que la mise en place rapide de la nouvelle gouvernance réclamée par le peuple depuis le 22 février de l’année en cours, «sera légitime pour engager les réformes de structures douloureuses, nécessaires et vitales pour sortir l’économie nationale du modèle prédateur fondé sur la production et la vente des hydrocarbures.