A l’ouverture de la rencontre nationale d’évaluation du jumelage et de la télémédecine, le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière a exhorté les responsables de son secteur à faire du jumelage, entre les établissements publics de santé, une activité «obligatoire».

Mohammed Miraoui a également parlé de «choix stratégique» mais n’a pas précisé comment sa décision de rendre obligatoire une activité, déjà vieille de trois ans, va-t-elle être traduite sur le terrain juridique et réglementaire. La question paraît anodine, elle ne l’est plus, dès lors qu’on se rappelle que le ministre de la Santé fait partie d’un gouvernement chargé des affaires courantes. On voit mal dans ce cas comment lui et l’équipe exécutive à laquelle il appartient peuvent proposer un texte de loi ou même inspirer au législateur une initiative dans ce sens. Pour rappel, la pratique du jumelage est consacrée par le décret exécutif n° 16-197 du 4/6/2016. Elle consiste en l’envoi de missions médicales et paramédicales des CHU du Nord pour assister celles du Sud et des Hauts-Plateaux. «Volontaire et conjoncturelle» jusqu’ici, elle sera, désormais, effectuée en application d’un cadre juridique renforcé par des dispositions «incitatives», a déclaré le ministre.
Son annonce est intéressante à plus d’un titre, il reste à suivre sa concrétisation d’autant que le jumelage entre établissements de santé du Nord, des Hauts-Plateaux et du Sud est plus qu’une nécessité, comme on le constate après la multiplication depuis trois ans des opérations de ce genre, consultations médicales et opérations chirurgicales comprises. Depuis le lancement de l’activité jumelage en 2016, 96 conventions ont été signées entre 40 établissements hospitaliers du Nord et 64 du Sud et des Hauts-Plateaux pour plus de 135 000 consultations médicales spécialisées et de quelque 15 000 interventions chirurgicales, a-t-on d’ailleurs appris lors de la rencontre.
Le ministre a déclaré que son département envisage de «nouvelles formes» de jumelage, citant la télémédecine et la formation à distance ainsi que la télé-radiologie, avant de préciser que le secteur privé est mis à contribution notamment dans cette dernière discipline.