Toutes les initiatives de dialogue convergent vers la nécessité de libérer les détenus d’opinion ; une condition sine qua non à la réussite du dialogue, posée par nombre de leaders, personnalités et partis politiques siégeant dans les différentes initiatives. Le dernier appel en date provient de Karim Younes, ancien président de l’Assemblée nationale, qui figure parmi les treize personnalités que l’on a présentées comme panel en mesure de mener la médiation et le dialogue national. «Lors de mes interventions médiatiques, j’ai pris le soin d’attirer l’attention sur des préalables que je considère comme des mesures d’apaisement, indispensables à la réussite du processus de médiation entre les enfants du pays », a indiqué Karim Younes, dans un communiqué, soulignant qu’«outre la libération de tous les détenus d’opinion et le respect du caractère pacifique des manifestations par les forces de l’ordre, l’ouverture de tous les accès à la capitale, les jours des marches, aux citoyens de l’intérieur du pays, désireux de rejoindre leur capitale est un droit inaliénable ». Décidément, la question de la libération des détenus d’opinion, tout comme celle du respect des libertés individuelles et collectives, cristallise le débat autour des conditions politiques susceptibles de faire avancer le projet de dialogue national pour la sortie de crise. Bien avant Karim Younes, cité dans une liste de treize personnalités, comprenant, entre autres, Djamila Bouhired, Mouloud Hamrouche, Taleb Ibrahimi, Fatiha Bennabou, Mustapha Bouchachi… d’autres leaders d’opinion et initiatives politiques ont posé les mêmes conditions à la réussite d’un projet de dialogue national. Les forces du changement, menées par Abdelaziz Rahabi, et l’initiative démocratique qui regroupe l’ensemble des partis de l’opposition, se rejoignent sur les mêmes préalables, à savoir la libération des détenus d’opinion et le respect des libertés individuelles et collectives. La première conférence organisée par les partis et les personnalités siégeant dans l’initiative des forces de changement, tenue le 6 juillet dernier, a été marquée, faut-il le souligner, par un consensus presque parfait autour de l’impératif de libérer les détenus. Abdelaziz Rahabi, coordinateur de la conférence nationale du dialogue, Ali Benflis, Sofiane Djilali et Abdallah Djaballah…ont tous appelé à la mise en place de mesures d’apaisement pour la réussite du dialogue. La libération des détenus d’opinion revenait comme une prière tout au long des discours prononcés avant et pendant la conférence. L’Initiative démocratique quant à elle fait de la libération des détenus un cheval de bataille. Hier, à l’issue de leur deuxième réunion organisée au siège du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), les signataires du Pacte pour l’alternative démocratique ont réaffirmé dans un communiqué « qu’aucune initiative politique de quelque nature qu’elle soit et aucun dialogue politique ne sont viables sans la satisfaction des exigences suivantes la libération des détenus politiques et d’opinion, l’ouverture des champs politique et médiatique, l’arrêt immédiat du dispositif répressif et de l’instrumentalisation de la justice ainsi que le départ du régime et de ses symboles ». C’est dire à quel point la question de la libération des détenus fédère, quand bien même les approches du dialogue diffèrent d’une initiative à une autre. Si les treize personnalités venaient à confirmer leur participation à l’instance de médiation, ce sera à leur manière et selon leurs propres règles.