Brandissant le drapeau national, un groupe se réclamant du Hirak, composé de quatre jeunes et d’un enfant, observaient dans la matinée d’hier un sit-in devant le Tribunal de Tlemcen, en soutien à deux de leurs camarades, placés dernièrement sous mandat de dépôt. Il s’agit de Issam Sayeh et Abdelmadjid Benhabib, deux universitaires considérés comme leaders du Hirak à Tlemcen. Les protestataires scandaient en choeur des slogans via un mégaphone : «Adala naïma, wal hogra qaïma !», «Sanassir, sanassir, harirou el assir !», «Klitou el bled, ya sarraqine !», «Sanassir, sanassir, hata yahdouth ettaghyir!», «Harirou el adala, harirou essahafa !»… Les manifestants n’ont pas été inquiétés par la police ; ils s’exprimaient librement devant le dispositif sécuritaire qui semblait «indifférent» à ce petit sit-in. La scène se déroulait sous l’oeil curieux des clients attablés au café Kairouan, juste en face du Tribunal et les passants ne s’arrêtaient pas, vaquant à leurs occupations et les badauds qui faisaient le pied de grue étaient a priori des justiciables ou des accompagnateurs qui attendaient quelqu’un au niveau du parvis. Pas de caméra, pas de presse, cachez-moi ces «quidams» du hirak que je ne saurais voir, d’autant que le «cœur» n’y est pas avec la victoire triomphale des Verts qui a fait de l’ombre au débat sur la révolution du sourire.