L’Association des Oulémas musulmans algériens s’est exprimée à nouveau sur la crise politique et institutionnelle que traverse le pays, plaidant pour la nomination d’un gouvernement de compétences nationales et représentatif. Elle plaide aussi pour l’installation d’une instance chargée de la supervision de l’élection présidentielle.
Le président de l’Association, Djamel Guessoum, a expliqué, hier à Reporters, que la désignation d’un gouvernement d’unité nationale, formé de compétences, « était importante du fait que cet Exécutif doit émaner du peuple et donc ses membres auront deux qualités, celle de la compétence et celle de la représentation ».
Au sujet du premier magistrat du pays, le même responsable a tenu à clarifier la position des Oulémas qui ne semble pas faire du départ de Bensalah une condition pour l’amorce du processus de dialogue. « Pour nous, le fait que Bensalah reste en poste n’est pas un problème, à condition que cette question puisse être issue d’une formule constitutionnelle, approuvée par des spécialistes notamment pour ce qui est des prérogatives liées au changement du gouvernement », a soutenu M. Guessoum. « Dans ce cas, sa présence sera symbolique, du moment où il ne pourra pas influencer les choses avec un gouvernement d’unité nationale et la création de l’organe national des élections », a-t-il expliqué. A une autre question de savoir si l’association qu’il préside approuve la liste des personnalités pouvant diriger le dialogue national, proposée par le Forum civil du Changement, présidé par Abderrahmane Arar, M. Guessoum a émis des réserves. « Je ne parle pas des noms qui y figurent mais des critères qui soient clairs », a-t-il relevé. « Pour ces critères, j’insiste sur deux éléments. Ces personnalités doivent être exemptes de tout acte de corruption et de prédation, comme elles ne doivent pas être coupables d’atteinte aux constantes nationales et celles de l’identité du peuple », dira M. Guessoum.
L’Association avait déjà mis en avant « le dialogue comme choix civilisé pour sortir de la crise que traverse le pays », soulignant l’importance d’accélérer l’adoption de « mesures claires et pratiques à même de réunir les conditions de rétablissement de la confiance ». Elle a appelé, dans ce sens, toutes les parties agissantes de la scène nationale à « faire montre de sens de responsabilité, faire prévaloir l’intérêt suprême du pays et accélérer l’ouverture d’un dialogue inclusif et indépendant, qui aboutisse à la mise en place des mécanismes de concrétisation de la phase pré-élection permettant d’atteindre des résultats acceptés de tous ».
L’association s’est félicitée, en outre, de « toutes les initiatives nationales appelant à une sortie rapide de la crise », soulignant « sa disponibilité à poursuivre tous les efforts visant le rapprochement des vues et l’adoption d’un programme à même de sortir le pays de la crise actuelle ».