Une équipe d’inspecteurs de la justice scrute, depuis quelques jours, toutes les autorisations d’importation de matières grasses végétales et animales (MGVA) délivrées, ces dernières années, par les services du ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche au groupe privé algérien Cevital.

Notre source, proche du ministère, qui rapporte cette information, nous indique par ailleurs que les inspecteurs cherchent à découvrir si le volume d’importation de MGVA effectué par le groupe Cevital, dont ce sont des ingrédients essentiels pour la fabrication de bon nombre de ces produits de consommation, correspond en réalité à ce qui a été autorisé et ce qui a été réceptionné au niveau des ports. On croit savoir également dans ce sens que le Groupe Cevital a bénéficié de largesses pour pouvoir bénéficier d’un volume d’importation de MGVA bien plus important que les besoins de ses chaînes de production. Sur ce point, nous avons tenté de solliciter la cellule de communication du groupe pour tenter de savoir combien de tonnes de MGVA son importées annuellement Cevital, mais c’était peine perdue puisque aucune réponse ne nous a été donnée. On a appris par une autre source, proche des douanes algériennes, que des inspecteurs de la justice scrutent les factures d’importations de MGVA du groupe Cevital dans le but de déceler des surfacturations. Partant de cette donne les MGVA sont cotées sur les places financières au jour le jour. Ces investigations risquent de metre en mauvaise posture le complexe agroalimentaire appartenant à Issad Rebrab, lequel, faut-il le rappeler, est en détention provisoire à la prison d’El Harrach depuis le 24 avril dernier au motif de surfacturation de matériel importé (station de production d’eau pure à partir d’une haute technologie).
Notons, également, comme nous l’a rapporté notre source d’information proche du ministère de l’Agriculture, que des inspecteurs de justice se sont rapprochés du ministère pour en savoir plus sur d’importantes et nombreuses opérations d’importation de matériel agricole et connexe ayant obtenu l’aval du ministère en question. Lesquelles, selon notre source, sont pratiquement toutes entachées d’irrégularités envers la législation en vigueur. Ces importations ont été effectuées par une seule personne un industriel importateur activant dans l’agro-alimentaire et investisseur dans le secteur de l’agriculture, implanté dans la wilaya de Tlemcen, M. K. Disons enfin que ce ballet d’inspecteurs de justice au niveau du ministère de l’Agriculture ressemble en tout point de vue à celui dont a fait l’objet le ministère de l’Industrie et des Mines, suivi par l’inculpation de hauts cadres pour corruption et octroi de privilèges. Ce qui pourrait être le cas en ce qui concerne ce ministère. Mais c’est à la justice de le prouver.<