Les représentants de ce courant d’opposition se donnent rendez-vous le 31 août prochain pour une «convention» devant donner naissance à une nouvelle dynamique porteuse d’alternative démocratique…

En effet, les Forces de l’alternative démocratique prévoient la préparation d’une grande rencontre la veille de la rentrée sociale. Elles appellent, dans ce sens, à «une convention du pacte politique pour une véritable transition démocratique» pour le 31 août prochain. Cette annonce a été faite, hier, lors d’une conférence de presse organisée au siège du RCD.
«Nous, signataires du pacte pour l’alternative démocratique, appelons les forces patriotiques, démocratiques et sociales, qui aspirent à faire valoir les revendications légitimes du peuple algérien et faire aboutir ses exigences révolutionnaires, à s’inscrire activement dans notre effort à entretenir l’espoir et à imposer une alternative démocratique», écrivent les signataires (FFS, RCD, UCP, MDS, PST, PT, PLD et LADDH) dans une déclaration distribuée à la presse. Ainsi, le pôle des démocrates veut ratisser large et lance un appel à tous ceux qui se reconnaissent dans son initiative d’y adhérer – partis, associations, syndicats, étudiants, médecins, élite et même des individus à titre personnel – pour que d’ici le 31 août, le pôle des démocrates puisse se constituer en une force de propositions à même de rétablir un rapport de force estimé, jusque-là, déséquilibré par rapport au pouvoir réel, selon les déclarations des chefs de partis ayant animé la conférence de presse.
«En proposant une transition démocratique à travers un processus constituant souverain, les partis, les organisations et les personnalités qui ont signé le pacte pour une véritable transition démocratique, le 26 juin 2019, ouvrent la seule perspective possible pour donner la parole au peuple afin qu’il puisse choisir démocratiquement la forme et le contenu des institutions qu’il souhaite mettre en place et rejettent toutes tentatives d’imposer une élection présidentielle qui vise à sauver le régime en place», lit-on dans la déclaration.
Pas de dialogue ou de solution à la crise sans la libération des détenus d’opinion
«La période de transition est ainsi le temps nécessaire pour mettre en place un environnement institutionnel sans lequel toute idée de rupture avec le système usurpateur sera vaine. (…) aucune initiative politique de quelque nature qu’elle soit et aucun dialogue politique ne sont viables sans la satisfaction des exigences que sont la libération des détenus politiques et d’opinion, l’ouverture des champs politique et médiatique, l’arrêt immédiat du dispositif répressif et de l’instrumentalisation de la justice, ainsi que le départ du régime et de ses symboles», est-il ajouté.
Djelloul Djoudi, membre dirigeant du Parti des travailleurs (PT), a averti que «parler aujourd’hui d’élection présidentielle n’est qu’une façon de prolonger la vie du système», et souligné qu’«en tant que forces démocratiques, nous ne pouvons pas parler de dialogue ou de solution à la crise sans la libération des détenus d’opinion et des politiques, comme Louisa Hanoune, Lakhdar Bouregraâ et les jeunes manifestants». «A cela s’ajoute le fait qu’Alger est quadrillée tous les vendredis, de même que les médias sont fermés. Il y a une véritable répression. Nous voulons asseoir une réelle souveraineté populaire à travers un processus de transition constituant. D’où notre appel aux autres forces à rejoindre notre initiative», a-t-il ajouté.
Pour Ali Laskri, président de l’instance présidentielle du FFS, «la résolution de la Soummam est toujours d’actualité : la primauté du civil sur le militaire. Mais aujourd’hui, les militaires sont présents dans la vie politique et la feuille de route du pouvoir pratiquement leur appartient, alors qu’ils doivent accompagner et garantir la transition démocratique».

Pour une véritable transition démocratique
La présidente de l’UCP, Zoubida Assoul, a appelé à «l’arrêt de la répression et de la violence contre les manifestants dont les dossiers au niveau de la justice sont sans contenu juridique et légal». Il y a, selon elle, «une volonté de casser la révolution pacifique. Le peuple veut une rupture avec le régime et la construction d’un Etat de droit et nous, en tant que forces démocratiques, nous ne pouvons pas demander moins que ce que demande le peuple».
D’où, poursuit-elle, «la convention du 31 août doit être ouverte aux citoyens qui souhaitent une véritable transition démocratique et un vrai assainissement sur les plans légal, institutionnel et opérationnel».
La liste du Forum civil pour le changement critiquée
A propos de la liste des 13 personnalités proposées par le Forum civil pour le changement (FCPC) pour mener le dialogue, le président du RCD, Mohcine Belabbas, s’est montré sans concession.
«Quand je vois la liste, je ne peux pas les appeler des personnalités nationales, mais des personnes», a-t-il dit, argumentant que «ce n’est pas parce qu’une personne a été désignée maire ou ministre ou autre un jour qu’elle devient personnalité. Une personnalité nationale est quelqu’un qui a une vision, une position, qui a écrit un livre, milité… Nous attendions de la société civile et des associations des visions, des idées, des propositions, pas une liste de personnes».
Auparavant, le chef du RCD avait souligné que «les partis de l’Alternative démocratique sont des partis traditionnels, ayant un parcours dans la vie politique et de l’influence sur la société» et qu’«il ne s’agit de dissoudre nos différences, car ce sont nos différences et notre pluralité qui font notre force». «Le pouvoir parle de dialogue avec nous, alors qu’entre eux, ils n’ont pas encore réglé leur problème : qui est le chef de l’Etat ?», s’est-il interrogé, avant de conclure que «le pouvoir essaye de tirer profit de nos différences».