Azzedine Mihoubi succède à Ahmed Ouyahia à la tête du Rassemblement national démocratique (RND). Hier, les membres du Conseil national, réunis lors d’une session extraordinaire au Centre international des conférences (CIC), ont tout simplement offert un plébiscite à Azzedine Mihoubi, le propulsant secrétaire général par intérim du parti.

Mihoubi remplace ainsi l’ex-secrétaire général du parti, Ahmed Ouyahia, actuellement en détention provisoire dans le cadre d’enquêtes sur des affaires de corruption. Il devra occuper ce poste durant trois mois, assurant la gestion des affaires courantes du parti jusqu’à la tenue du congrès permettant l’élection d’une nouvelle direction du parti. Tout de suite après son élection, Azzedine Mihoubi a évoqué les questions de l’actualité politique en promettant d’emblée d’ériger le RND en « véritable pôle politique jouissant de la confiance du peuple, à travers la formation d’une nouvelle génération de cadres et la mise à profit des expériences des anciens cadres ».
A propos du dialogue comme option de sortie de crise, Mihoubi a exhorté l’ensemble des acteurs politiques à prendre part « à un dialogue national qui servira de plateforme pour l’édification de l’Algérie rêvée par tous ». Quid du RND par rapport aux initiatives de dialogue ? « Le parti va réfléchir à une initiative qui se croise avec les autres initiatives », a lancé Mihoubi, tout en précisant que « le RND soutient l’agenda du citoyen et non celles ayant opté pour des cadres illégaux et inconstitutionnels ».
Et pour cause, aux yeux du successeur d’Ouyahia « il y a ceux qui jouent la carte du peuple et s’érigent en tuteur, alors que le peuple est le seul qui accorde la légitimité ». Evoquant la position de l’institution militaire dans ses options de sortie de crise ainsi que par rapport au mouvement populaire, Mihoubi s’est dit fier
« de la position de l’institution » avant de se féliciter du « rôle de la justice dans la lutte contre la corruption ».

Le RND soutient la feuille de route de Bensalah
Le conseil national a rendu public un communiqué, à l’issue de sa session extraordinaire, exprimant son soutien à la feuille de route de Bensalah.
« Les membres du conseil national déclarent leur adhésion au chef de l’Etat qui lance une nouvelle démarche de dialogue en l’accompagnant de garanties requises aux différents partenaires politiques et sociaux de manière égale dans l’objectif d’arriver à une plate-forme consensuelle, dont le plus important est la tenue de l’élection présidentielle libre dans les plus brefs délais avec des mécanismes de transparence et de crédibilité», lit-on dans le communiqué du conseil national, qui ne manque pas de saluer les initiatives de dialogues lancées par « des personnalités nationales ».
Dans ce cadre, le parti se dit disposé à travailler avec les acteurs de la scène politique dans le cadre d’un dialogue « sérieux et responsable » pour transcender la situation politique actuelle. Mais avec la précision d’une option de sortie de crise dans le cadre constitutionnelle : « Nous souhaitons trouver des solutions dans le cadre de la Constitution en nous éloignant des transitions qui peuvent faire entrer l’Algérie dans des crises de non-légitimité ». Sur les dossiers de corruptions à l’ordre du jour de la justice, le conseil national du Rassemblement salue « les efforts colossaux de la justice dans sa protection des deniers publics et de l’économie nationale », tout en appelant à la restitution
« du rôle des magistrats comme composante prépondérante dans l’édification de l’Etat de droit ». Sur le plan économique, le RND appelle le gouvernement à s’aider des économistes dans l’objectif de trouver des alternatives à l’économie actuelle. Tout comme il préconise la protection de l’environnement économique de la situation politique présente.<