Le coup de starter de l’édition 2019 de Raconte-Art a été donné dans la soirée de vendredi dernier à 18H. C’est à partir de Tajmaât, agora et espace emblématique du village Sahel, sur les hauteurs de Bouzeguène, à l’extrême est de Tizi Ouzou, que le festival, désormais, prendra possession des venelles et des placettes du village. Elles seront transformées, une semaine durant, en de véritables tréteaux où se succéderont de jour comme de nuit des passeurs de spectacles et performances multiformes.

Ne dérogeant pas au rituel habituel, incarnant l’identité et la profondeur populaires d’un événement culturel estival, qui draine, comme chaque année, les grandes foules, Raconte-Arts a connu un départ en fanfare et en couleurs, celles chatoyantes des robes traditionnelles kabyles portées par des femmes qui se sont investies dans l’événement et qui sont mises à l’honneur par les organisateurs. Et c’est au milieu d’un public nombreux, constitué d’hommes et de femmes de Sahel et des visiteurs, venus des villes et villages voisins, certains d’Akbou, et en présence du P/APAW de Tizi Ouzou, Youcef Aouchiche, que Hassene Métref, en véritable maestro et chef de file, et Denis Martinez en pionnier et parrain du festival, ont donné le «la» à la cérémonie d’ouverture, à laquelle ont pris part de nombreux invités. A 19H 30, Denis Martinez a lancé l’esquisse de sa performance habituelle. « Itri, l’étoile de la grande Touiza » est le thème de l’intervention in situ de l’artiste, dont le point inaugural a été confié à une jeune prodige du village qui s’est distinguée par ses brillants résultats à la récente session du BEM. L’adolescente a été invitée à dessiner un point sur un mur de Tajmaât.
La trace portée sur un pan de mur au stylo feutre deviendra, au fur et à mesure, une fresque et sera le témoin et la mémoire d’un festival qui a élu domicile, un certain été, au village Sahel. Comme pour donner l’ouverture des festivités et autres animations de rue, s’ensuivra la traditionnelle déambulation qui verra les festivaliers et les villageois traverser les artères principales du village.
Quand le foot s’invite
à Raconte-Arts
Match ayant opposé l’EN de football à son homologue sénégalaise en finale de la Coupe d’Afrique oblige, le football, sport roi par excellence, s’est invité à Raconte-Arts. A 20H, sonnante, près d’un millier de personnes, hommes, femmes et enfants, ont pris place dans une aire aménagée du village pour visionner le match sur écran géant.
Un moment de convivialité mais aussi de stress et d’émotion qui se sont emparés des centaines de villageois et villageoises et de festivaliers que seul le foot est capable de provoquer et qui finira par une explosion de joie, après la formidable performance réalisée par le coach national Belmadi et ses joueurs. A 22H, le festival reprendra ses droits avec le point inscrit au programme, sous l’intitulé «Grande scène».
Le public a été convié à assister à la projection, en plein air, du film «Carnaval fi dechra». Hier, samedi 20 juillet 2019, la littérature prendra le relais. Le programme de 10H à 13H, à Tajemaet, autour du thème « Un auteur, un Livre ». Tour à tour, la parole sera donnée à Amelle El Mehdi, Une odyssée africaine, à Rabea Hachemi, Un jour ma mère viendra, Mohamed Balhi, Dey Hocine, dernier souverain d’El Djazaïr, 1818-1830». A 17H, Tajmaet accueillera une table ronde «Mémoire de la radio kabyle», qui sera animée par Boukhalfa et des anciens animateurs de la Chaîne 2. A 19H, le même lieu, Tajmaet, accueillera des conférences qu’animeront Daho Djerbal, « La quête de la citoyenneté dans l’Algérie indépendante», Younès Adli, «Le 70e anniversaire de la crise berbériste de 1949».
A 2H, le spectacle «Soundiata, l’enfant buffle», Cie Pied Nu, élira domicile à la salle de sport et de spectacle du village. 2H, retour à Tajmae,t pour un récital poétique de Ali Akkache, un ancien journaliste de la Chaîne 2 de la radio nationale, établi aux USA. A 23H, place à la grande scène pour une première soirée de chants et de variétés.n