« Où aller pendant les vacances ? Que faire et où iront nos enfants ? » Des questions qui refont surface chaque été et agacent les parents, impuissants devant des conditions métrologiques extrêmes et les difficultés sociales aiguës.

Pour ceux qui ont les moyens de se payer des vacances sur les côtes ou dans une ville du Nord, le problème ne se pose point. C’est une chance d’échapper aux grosses chaleurs et à l’ennui. Pour les autres, ils se perdent entre laisser leurs enfants errer dans la rue sous des températures infernales face aux risques qu’ils encourent ou les garder prisonniers entre quatre murs dans l’ennui toute la journée.

Se détendre comme on peut !
Les familles qui n’ont pas eu la chance de partir en vacances tentent avec les moyens dont elles disposent de se détendre et surmonter l’absence d’infrastructures de loisirs et de distraction. La ville qui suffoque sous la chaleur, jusqu’à 55 degrés à l’ombre, oblige les familles à quitter les murs brûlants et opter pour les balades nocturnes sur la route principale RN49 qui traverse le centre-ville. Les hommes, plus chanceux encore, squattent tous les espaces résiduels et les espaces vert implantés le long du trottoir sur cette même route. Les cafés installés sur cette trajectoire, qui constitue le tronçon principal du Tram, sont pleins.
D’autres familles se rendent après le coucher de soleil aux dunes de sable de Sidi Khouiled et Hassi Benabdallah. Elles profitent donc de la baisse de température pour prendre un peu d’air frais et passer des moments de détente dans les fameuses vagues de sable et y restent jusqu’à une heure très tardive de la nuit. Les bords de la route dans ces zones hautement fréquentées sont encombrés et il est impossible de trouver une place pour stationner. Se rendre à la mer devient très coûteux pour les ménages modestes notamment ceux qui ont plusieurs enfants. Le loyer par nuit dans une ville côtière varie de 4 000 à 7 000 dinars et plus dans certaines villes pour une famille de 5 à 7 personne, sans compter les dépenses relatives au transport, nourriture et distractions.

Wahaland, le rêve brisé !
A l’exception des aires de jeux de proximité créés par la DJS, qui ne répondent souvent pas aux normes minimales de sécurité, la ville de Ouargla, et malgré son budget lourd et son immense superficie, ne dispose plus d’aucun espace familial de loisirs et de distractions. Le seul gros projet mis sur pied en juillet 2008 n’a tenu que quelques mois avant qu’il soit entièrement abandonné et déserté par les exploitants, brisant le rêve, tant attendu de plus de 600 000 habitants. Malgré l’importante enveloppe budgétaire consacrée à la construction et l’installation de ce grand parc d’attractions « Wahaland », ce dernier a été refermé peu de temps après son ouverture. Cet espace qui constituait la seule source de loisirs et de distractions pour les citadins de tous les âges est aujourd’hui totalement laissé à l’abandon à cause du manque d’entretien et la mauvaise gestion de l’agence foncière. Les espaces verts et gazonnés et les manèges ont complètement disparu. Les hôtels et restaurants, que devait contenir ce parc, selon l’étude technique et le cahier des charges, n’ont jamais été construits. Il aurait coûté aux contribuables une somme dépassant les 44 milliards de centimes. Ce site était pendant une année, le seul refuge des familles ouarglies en quête de quiétude et de moments de fraîcheur notamment durant les vacances, les jours fériés et les périodes de chaleur. Il comprenait, en plus des aires de jeux et le parc zoologique, un jardin botanique, qui aurait pu être un véritable poumon vert face à l’urbanisation galopante de la ville et absorber les eaux salées montantes qui envahissent une partie du site.

Manque de bonnes intentions
Dans une grande ville comme Ouargla, il est impossible de trouver un coin pour s’asseoir ou se détendre. Les espaces verts urbains, parcs et aires de jeux, représentent les lieux privilégiés pour les citoyens qui, pour la plupart, vivent dans des appartements clos qui ne disposent plus de cours ou de terrasses. Des habitats inadaptés à la donne climatique et géographique de la région. Conclusion, des familles entières enfermées chez elle et une ville fantôme. Le manque de clairvoyance quant aux projets prioritaires a fait ralentir le train de développement dans cette ville qui se structure autour d’un tissu démographique englobant une population provenant des 48 wilayas et même de l’étranger. Les milliers de milliards dépensés durant une décennie n’ont pas offert à la ville le visage qu’elle mérite. Ni aménagements adéquats, ni routes, ni trottoirs et encore moins d’hygiène ne sont encore au rendez-vous. Les chantiers ouverts partout, semblent être plus difficiles à maîtriser et laissent la ville noyée dans le désordre et l’anarchie totale.

Des piscines de plus pour combler le manque
En plus des neuf piscines existantes et opérationnelles, trois nouvelles piscines sont ouvertes après l’achèvement des travaux de réhabilitation et l’installation des équipements, le 5 juillet dernier, pour combler le manque en structure de loisirs et permettre aux jeunes en quête d’un peu de fraîcheur de s’y rendre et y passer des moments de détente. En total, 11 sont en exploitation à travers le territoire de la wilaya de Ouargla, selon le directeur de la JS Ouargla. Les habitants de Hassi Messaoud et la commune frontalière d’El-Borma restent privés de piscines bien qu’elles disposent des plus importants budgets communaux à l’échelle nationale. Selon le directeur de la JS Ouargla, Boubakeur Chethouna, pas moins de 80 agents de piscine et maîtres-nageurs ont été mobilisés pour assurer l’encadrement de cette saison. Ces derniers ont bénéficié des stages de formation dans le cadre de l’application d’un programme spécial par le ministère de la Jeunesse et des Sports, et en coordination avec les services de la Protection civile en matière de cours de premiers soins et de secourisme. A rappeler qu’environ 3 000 enfants, dont des enfants issus de familles nécessiteuses de la wilaya de Ouargla, en plus de 400 autres dans le cadre de mobilité des jeunes, devront regagner les côtes algériennes dans des établissements scolaires et auberges qui leur sont réservés durant cette saison estivale. En total, 8 colonies de vacances sont programmées cet été vers les villes choisies par la DJS, à savoir Annaba, Oran, Skikda et El-Tarf, selon la même source.