La situation dont il avait hérité était compliquée. En l’espace de onze mois, le sélectionneur national Djamel Belmadi a réussi le gigantesque exploit d’écrire une ligne de palmarès pour la postérité. Le temps d’une CAN pour faire rêver, vivre
des temps magiques et finir en beauté une campagne africaine des plus fantastiques. Le tout avec une impressionnante équipe en termes de statistiques.

C’est simple. Le règne est incontestable comme les chiffres sont implacables. On parle de la meilleure attaque de la Coupe d’Afrique des nations 2019 (21 juin – 19 juillet) en Egypte avec 13 réalisations et de la co-meilleure défense avec 2 buts concédés. Des performances ayant valu aux « Fennecs » une limpide copie de 7 victoires en autant de rencontres. Indiscutable en dépit du scénario un peu poussif lors de la stressante finale, tenue vendredi au stade International du Caire (Egypte), face à un très talentueux et séduisant Sénégal. Les « Verts » ont fait une très forte impression au pays des Pharaons. Ils viennent de rafler la mise dans le tournoi africain dans sa nouvelle version avec 24 participants. Soit un chemin plus long et harassant pour parvenir à un éventuel couronnement. C’est dans la difficulté que les camarades d’Ismaël Bennacer, qui a montré une maturité incroyable en dépit de ses 21 ans, ont réalisé l’exploit difficile de se poser sur le sommet du continent.
L’extraordinaire
« C’est extraordinaire, historique ! C’est la première CAN qu’on gagne en dehors de nos frontières. On l’a gagnée en 1990. Depuis, ça a été un long passage à vide. On est un pays de football, vous le savez. On mérite je pense. Sur ce match-là, c’est vrai que ça a été très difficile, on a eu affaire à un mondialiste, une grosse cylindrée, classée numéro 1 en Afrique. On savait que ça allait se jouer sur un détail, les garçons ont tenu», a noté le coach Belmadi qui a fait le parallèle avec la consécration d’il y a 29 ans. Un autre temps et un différent mode de compétition car on ne recensait que 8 prétendants dans l’opus 1990. Le premier responsable de la barre technique enchaîne : « On termine meilleure attaque, meilleure défense, que demander de plus ? Les joueurs sont les acteurs principaux. J’imagine qu’on a pu apporter notre pierre à l’édifice, le technique et moi-même, mais ce sont eux qui jouent, et qui appliquent les consignes. Et ils les ont merveilleusement bien appliquées, et même plus que ça.» Un satisfecit légitime pour un vrai meneur d’hommes qui a su en faire des champions. Sous sa houlette, «El-Khadra» a affolé les compteurs dans la plus prestigieuse épreuve continentale. Dans cette 32e édition, elle a tout simplement compilé une victoire de plus que lors des 6 dernières participations. Epoustouflant.
Les ingrédients
La clé de ces performances ? C’est la volonté, la grinta et l’homme qui est à la barre: « C’est la victoire de tout un pays. On est très heureux. Tout au long du tournoi, on a montré les valeurs et on s’est battu comme des hommes. (…) Djamel (Belmadi) a ramené sa touche, comme un grand frère, pas de relation entraîneur-joueur», a témoigné le gardien Raïs M’Bolhi. De son côté, le technicien de l’EN s’est dit «très heureux, pour toute notre nation, notre peuple, qui attendait cette deuxième étoile depuis aussi longtemps », non sans rappeler avoir « récupéré une équipe vraiment en difficulté. Se porter sur le toit de l’Afrique en dix mois (depuis sa nomination), c’est extraordinaire. Peut-être que je suis un peu fatigué, c’est difficile de montrer ses émotions, je réaliserai plus tard, une fois un peu plus reposé.» L’ampleur de l’exploit que viennent de signer les « Guerriers du Sahara » est incommensurable d’autant plus que personne ne les attendait avec ces maturité, pureté et solidité. Que ce soit sur le plan mental ou celui physique, ils auront mérité cette finalité. Un épilogue victorieux sur lequel il était très risqué, voire inconcevable, de parier. Chapeau les champions !n