Coups de klaxon, youyous stridents, chants sportifs, sons de vuvuzela, cris de joie, musiques de DJ, feux d’artifices, sirènes hurlantes, vrombissements bruyants des moteurs… Une overdose de décibels sans égal, un cocktail phonique explosif dédié à la victoire des Gladiateurs du désert (Algérie) contre les Lions de la Teranga (Sénégal), couronnée par la coupe de la CAN 2019 au Caire. Côté officiel, le stade Akid Lotfi et le grand Bassin ont été équipés d’écrans géants, à l’initiative du wali (un avis à la population a été posté à ce sujet sur la page officielle de la wilaya). Un quota(2) sur les 3000 écrans géants installés dans plusieurs villes à l’occasion de la finale de la CAN. Pour sa part, la société civile à travers des particuliers a contribué à la «retransmission» via beIN sport (par le biais d’écrans Data show et de téléviseurs Plasma), par la voix de l’inénarrable speaker Hafid Derradji, à l’instar du magasin «Layali Stores» sis à Kiffane (grand écran et DJ), la cafétéria-crèmerie «Les Pyramides» d’Imama, le nouveau café de Sidi Saïd, les cafés et crèmeries de Chetouane où le centre culturel communal n’était pas au rendez-vous. A Sebdou et El Gor, deux communes situées au sud de la wilaya, le public a été invité à suivre le match en plein sur data show. Beni Snous, dont est (pourtant) originaire Mahrez ainsi que Maghnia dont est native la défunte mère de M’Bolhi, auront raté l’évènement. Par rapport à la fête nocturne, c’est l’inconditionnel défilé des voitures, ignorant visiblement l’appel diffusé sur Face book qui, hélas, n’a pas eu d’écho, invitant expressément les fêtards à opter pour le « pédestre » au lieu de l’automobile ou des deux roues, en signe de sympathie à la mémoire des victimes de Jijel. L’équipée sauvage mécanique, les slaloms et rodéos déchainés et tonitruants des motos en sont la preuve patente et tangible. Rappelons au passage qu’une journée sans voitures avait été initiée par l’ASPEWIT sous la houlette de Morsli Bouayed(mais le foot a ses raisons ce que l’écologie ignore). Nuit blanche festive à Tlemcen, Kiffane, Imama, Lalla Setti, Chetouane, Aïn Defla et à la…frontière algéro-marocaine… Les UMC de Bel Horozon(CHUT) représentent l’envers du décor, où les « dégâts » collatéraux de la fête sont bien visibles : des dizaines de victimes, agressées à l’arme blanche, 5 blessés dans des accidents de la circulation(où pas moins de 10 véhicules et 2 motos ont subi des dégâts sérieux). A signaler qu’il a été procédé à une interpellation d’un agresseur pour CBV… Dans ce sillage, et d’après les échos qui nous sont parvenus via les réseaux sociaux, la fête du dimanche dernier, à l’occasion de la qualification des Fennecs à la finale de la CAN 2019, a été rééditée ce vendredi (19 juillet) au niveau de la frontière algéro-marocaine, en l’occurrence à Marsat Ben Mhidi (ex-Port Say) et sa jumelle Saïdia (plage marocaine frontalière) où des scènes de liesse étaient constatées. L’ambiance de fête battait son plein, ce vendredi à Saïdia. Après la victoire des Fennecs face au Sénégal (1-0), valant ainsi la CAN à l’Algérie, des centaines de supporters marocains et algériens se sont rassemblés à la frontière algéro-marocaine au lieudit de Bin-Lajraf(entre les deux Rochers) où ils ont célébré l’évènement « maghrébin », profitant de cette consécration pour réclamer la réouverture des frontières. Scènes de liesse où la fraternité était le maître mot…Même décor sur la route frontale entre le Maroc et l’Algérie au niveau de l’oued Kiss. Après la fin du match, du côté marocain de la frontière, non loin de la station balnéaire de Marsat Ben m’hidi, des jeunes Marocains entonnent des chants de stade algériens et scandent des slogans exprimant la fraternité entre les deux peuples. « Nous ne sommes pas des ennemis mais des frères », chantent des supporters marocains…Sur ces images, on aperçoit également un garde-frontière patrouiller avec un chien, sous les quolibets de la foule. De l’autre côté de la clôture qui sépare les deux pays, on aperçoit les Algériens en train de faire la fête, fumigènes et drapeaux déployés. Alors que les frontières terrestres entre le Maroc et l’Algérie sont fermées depuis 25ans (1994), le football a réussi à rapprocher les deux peuples. Des images immortalisant ces moments de fraternité ont envahi les réseaux sociaux, dont des vidéos de deux supporters algériens qui se sont introduits au Maroc en grimpant le grillage séparant les deux pays. Le parcours des Fennecs, qualifiés pour les demi-finales et la victoire à la CAN aura réussi à transcender les différends entre les deux pays. Les klaxons et les chants résonnaient à l’unisson au niveau du poste-frontière Zouj Bghal où on a scandé du « Mabrouk Alina, Hadi bidaya, mazal mazal » toute la nuit. Un Algérien a même tenté de traverser les frontières pour fêter la qualification des siens avec ses voisins de l’ouest…Ce supporter algérien, galvanisé par les cris des supporters marocains de l’autre côté, était parvenu à sauter par-dessus la fine clôture qui sépare les deux pays et à les rejoindre. Sur Youtube, on voit ce supporter, en haut de survêtement blanc et pantalon rouge, poursuivi par un garde-frontière chérifien. Il est ensuite accueilli par les supporters marocains en liesse. Une autre vidéo montre un autre supporter algérien sauter par-dessus la clôture. Il est néanmoins aussitôt arrêté par des gardes-frontières marocains. Un message fort symbolique pour la réouverture de la frontière terrestre et la construction du grand Maghreb, loin des calculs politiques. n