La galerie Baya du Palais de la culture Moufdi-Zakaria accueille, depuis une semaine, l’exposition intitulée «Photographic Images and Matter» mise en place à Alger par la Fondation du Japon (Japan Foundation) et la représentation diplomatique japonaise, jusqu’au 5 août, pour partager avec le public un aspect important de la culture japonaise et plus précisément de l’évolution de son art contemporain. Ce rendez-vous pictural dévoile à travers près d’une cinquantaine de gravures, réalisées par quatorze artistes emblématiques, l’évolution de l’art contemporain japonais durant les années 1970. Une période marquée, expliquent les organisateurs, par un renouveau de la création artistique avec l’introduction de nouvelles techniques dans la réalisation des gravures. C’est dans cette optique que l’exposition est partagée en deux parties, où le visiteur découvre tour à tour la façon dont les artistes ont détourné la photographie puis, les matériaux, pour la réalisation de nouvelles formes de gravures. L’exposition met ainsi en avant le travail de l’un des précurseurs de l’art contemporain japonais, en l’occurrence, Tetsuya Noda, connu notamment pour avoir influencé toute une génération de créateurs avec des œuvres où il a détourné dans les années 1960 des photographes pour réaliser des «autobiographies visuelles». Un concept que l’on retrouve, aujourd’hui, bien au-delà du Japon. En ce sens, Yuri Uchino, chargée des affaires culturelles, précise que cette étape fut un tournant dans l’évolution de l’art au Japon. «L’exposition est dédiée à la gravure japonaise des années 1970. Cette période fut un moment important pour le développement de l’art contemporain au Japon», a-t-elle précisé. Les œuvres, dont celles de Lee Ufan, Mitsuo Kano ou encore Arinori Ichihara, laissent ainsi entrevoir les prémisses d’un art abstrait aux particularités certaines, mais aussi l’usage de nouveaux supports de création. «Nous avons des gravures où l’artiste utilise des images photographiques, c’était une technique nouvelle à cette époque. Et d’un autre côté, nous constatons que le développement de ce type de gravure a inspiré les autres artistes, qui ont, à leur tour, utilisé de nouvelles techniques (…) Par ailleurs, cette époque a connu le développement d’une autre approche incitant les artistes à privilégier des matières souvent très simples pour leurs créations, la pierre, le papier… ». «Photographic Images and Matter», mettant ainsi en lumière un aspect précis de la culture japonaise, qui a marqué un tournant dans l’art picturale du pays du Soleil levant, fait escale à Alger, après avoir été dévoilé en Slovénie, avant de s’envoler pour la Pologne. Organisé par la Fondation du Japon, une agence publique spécialisée, créée au début des années 1970, dans le but de promouvoir les échanges culturels avec le reste du monde, en axant notamment son travail sur les arts et la langue japonaise.n