Au pays des pyramides, il y avait un géant défi à relever : l’organisation d’une Coupe d’Afrique des nations dans un temps record et écourté. Il ne s’agissait pas de n’importe quel événement à abriter, car la CAN a le pouvoir de susciter l’intérêt extra-continental et le cristalliser. Le pays receveur avait huit mois pour être fin prêt et il a su être dans les délais et prendre le relais.
C’est en novembre dernier que la Confédération africaine de football (CAF) avait estimé que le Cameroun ne pouvait pas être dans les temps pour accueillir la compétition. Par conséquent, elle avait décidé d’une réattribution. Et ce sont les Egyptiens qui sont entrés en jeu dans un véritable match contre le temps. Présence, efficacité, belles pelouses et sécurité, tout y était. Même si les gradins étaient quelque peu dégarnis avec une population locale qui les a boudés. A l’exception des matches des « Pharaons » où l’on a eu droit à des travées bien décorées. Une réticence expliquée par les prix des tickets élevés pour des amoureux de la balle ronde qui les ont trouvés, et c’est un point important, hors de portée. Les moins chers pour la finale ayant atteint 500 livres avec la locale monnaie. Une petite fortune quand on n’a pas une vie aisée.
Le « foot business » est en train de s’amplifier entre places inabordables et exorbitants droits TV. Pour leur part, les Algériens n’ont pas hésité à se déplacer. Notamment après avoir remarqué que les « Fennecs » avaient un sérieux coup à jouer. En finale, pour les places, ils n’ont rien payé. L’entrée gratuite a été négociée à condition d’avoir le passeport et le présenter à la porte d’accès. Une vraie facilité compte tenu du contexte sécuritaire tendu.
La 32e édition de l’épreuve reine en Afrique avait tout de royal dans une terre d’accueil géniale et conviviale boostée par de jeunes volontaires infatigables. La preuve, la nation du Nil a le cœur tellement grand qu’elle a reçu non pas 16 mais 24 sélections suite à l’élargissement du nombre de participants. Ce qui avait rendu le challenge à la fois difficile et excitant. D’Alexandrie à Suez en passant par le Caire, la reine africaine a été mise dans les meilleures conditions pour s’y plaire. Pour le clap de fin, on applaudira l’Egypte qui a su tenir son rang et organiser une manifestation de géant. Mesdames et messieurs, clapping pour cet hôte « amazing » !