En moins d’une semaine, deux gigantesques incendies ont été signalés dans la région nord de la wilaya de Bordj pour donner naissance à un paysage de désolation à perte de vue. Et même les moyens déployés par les services des forêts, de la Protection civile et des citoyens se sont avérés inefficaces face à l’ampleur du brasier.

L’un dans la forêt dense de Bouni, ayant cerné le village de Ferracha, à mi-chemin entre les communes de Theniet Ennasr et Ighil Ali, et l’autre dans le massif de Djaâfra, à quelques minutes à vol d’oiseau, déjà marqué par le passage d’un embrasement de la forêt de Tizi Aidel, dans la wilaya de Béjaïa. Les stigmates du sinistre sont visibles et l’étendue des dégâts est sans appel. Les flammes ont complètement métamorphosé le paysage idyllique de la région de Boumsâada, Tefreg, Achabou en silhouettes d’arbres centenaires calcinés et en cendres emportées au gré du vent. Les quelques soldats du feu et des volontaires, que nous avons rencontrés jeudi dernier sur les lieux, ne cachaient pas leur fatigue et leur émoi face aux dizaines d’hectares partis en fumée, mais fiers d’être venus à bout des flammes après une nuit, du mardi à mercredi, de lutte contre les flammes. « Nous avons passé toute la nuit de mercredi à jeudi à lutter contre les flammes imparables qui prennent, parfois, simultanément naissance là où on ne les attendait pas. Nous sommes fatigués, mais fiers de notre humble contribution à prêter main forte aux pompiers et aux volontaires des villages avoisinants. Et nous sommes ici le temps qu’il faudra pour combattre sans répit le feu et venir à bout de la dernière braise », nous dit un employé, pelle à la main, des services des forêts de la commune de Rabta, au sud de la wilaya. Au moment où nous avons quitté les lieux, le feu a été complètement maîtrisé sous le contrôle des éléments positionnés sur des crêtes des monts alentours pour parer à un éventuel départ de feu. n