Les UMC de Bel Horizon (Tlemcen) relevant du CHU Dr Tidjani-Damerdji offraient, dans la nuit du dimanche à lundi vers 3H45, une image d’hôpital de campagne militaire. En fait, la face cachée de la fête de la victoire des Verts contre le Nigeria, avec sa « rançon » en dégâts collatéraux, son tribut en victimes « innocentes ».

Un état d’alerte qui ne dit pas son nom, en prévision de tout débordement de la foule en liesse et ses corollaires, les accidents de la voie publique (AVP) et autres actes de violence (hooliganisme gratuit). Deux véhicules de la BRI et une ambulance de la Protection civile étaient garés devant le service. Les préposés au bureau d’accueil ne savaient plus où donner de la tête et les blocs opératoires étaient submergés. Une surveillante médicale, visiblement exténuée, nous fera part des conditions de travail intenables aux UMC, notamment l’insécurité, entendez les agressions verbales et/ou physiques des accompagnateurs et des visiteurs. Des agents de la Protection civile, sur les nerfs, entraient et sortaient du service. « Nous rencontrons un grand problème à chaque évacuation, c’est la carence des brancardistes, un travail qui relève des UMC », nous confiera un jeune sapeur-pompier selon qui une vingtaine d’évacuations ont été effectuées par les quatre unités de ce corps constitué. Et pour cause. Les blessés ne cessaient d’être « débarqués » au niveau de ce pavillon d’urgence. Des parents, des proches et amis des victimes, sans compter les inconditionnels badauds, faisaient le pied de grue devant l’entrée ou dans les couloirs, créant un encombrement du service et gênant le travail et la mobilité des médecins et infirmiers. Renseignements pris, il est fait état de 7 blessés à l’arme blanche, âgés de moins de 30 ans, au chef-lieu, dont une victime à Remchi. Un accident de la circulation s’est produit après minuit au niveau de Lalla Setti, sur les hauteurs de la ville.
Un véhicule de marque Dacia, immatriculé 13, dont le conducteur était a priori en état d’ivresse, a dérapé avant de faire plusieurs tonneaux, faisant
4 blessés parmi les occupants âgés entre 21 et 24 ans. Les victimes, atteintes de divers traumatismes au crâne, au cou et aux membres, ont été évacuées par une ambulance de la Protection civile, unité de Boudghène, vers les UMC, selon la chargée de communication, le capitaine Djamila Aboudi. Par rapport à la fête de jeudi dernier, suite à la victoire des Verts contre la Côte d’Ivoire, il a été enregistré une quinzaine de blessés, ayant subi des CBV, et une dizaine d’AVP. Dans ce sillage, d’aucuns auront constaté que le code de la route n’a plus droit de cité à l’occasion de cette « fête » : excès de vitesse, état d’ébriété, usage du portable, abus du klaxon, abandon de la ceinture de sécurité, dépassements dangereux, violation de la ligne continue, «zapping» du feu rouge, postures et positions dangereuses des occupants des véhicules, notamment les enfants ne mesurant pas le péril, abstraction faite des «sans permis de conduire » qui profitent de cette aubaine de « non droit », raison d’Etat oblige… En somme, un tapage nocturne et un danger roulant sur la voie publique, sous l’œil complaisant ou impuissant, c’est selon, des AOP qui semblent débordés par ce tsunami festif, l’espace d’une soirée mouvementée… Sans vouloir paraître alarmiste, ni jouer au rabat-joie ou au trouble-fête, gare à vendredi prochain, quel que soit le pronostic. Les voies magiques de la balle ronde sont impénétrables. Au fait, l’usage des feux de détresse comme leur nom l’indiquent, l’équivalent du gyrophare « officiel», n’est-il pas destiné à avertir les autres usagers de la route ou lancer un SOS (panne, accident, incident…) ? n