Traversée par la RN 5, une valeur ajoutée censée véhiculer des activités commerciales, la cité périphérique El Aïchaoui de Mansourah, 30 km à l’ouest du chef-lieu de wilaya, vit pourtant au rythme d’un quotidien marqué par le chômage et l’oisiveté. Et les rares badauds qui osent pointer le nez dehors en cette période de canicule ne tardent pas à rentrer chez eux ou à se réfugier dans le café ou l’épicerie du coin.

Notre passage sur les lieux nous a permis d’aborder un groupe de jeunes, visiblement, hantés par l’absence de perspectives susceptibles d’améliorer leur quotidien. « C’est l’emploi qui crée le bon vivre. Et c’est là où le bât blesse pour notre cité. Chez nous, il n’y a rien. Mis à part les fonctionnaires étatiques, les autres habitants vivent au jour le jour de petits jobs sans grande signification. Il y a un certain temps, une carrière d’agrégats a été ouverte sur la colline en face, mais elle employait des ouvriers étrangers à la région et transportait le minerai dans un autre endroit pour la transformation, en nous laissant à nous les habitants d’El Aïchaoui d’immenses nuages de poussière », se lamente l’un d’eux. La cité en question compte quelque 700 logements, attribués depuis 2014, mais beaucoup reste à faire en termes de sécurité, d’aménagement de la voirie et d’infrastructures de proximité à en croire nos interlocuteurs. « La cité est isolée, donc une proie facile aux délinquants et rien n’est fait pour assurer la quiétude des habitants. Il y a la brigade de gendarmerie et une unité d’intervention de la police, mais nous ne dépendons pas de leur périmètre d’intervention. D’où la nécessité de doter notre cité d’une unité de sûreté urbaine», nous dit-on encore. «Les enfants, en cette période des vacances, sont confinés contre leur gré chez eux à dévorer en boucle les dessins animés et autres programmes TV, mais ce n’est pas de cela dont ils besoin. Ils ont en effet besoin de canaliser leur énergie dans des activités sportives et ludiques, alors qu’ils ne disposent même pas d’un bassin, pour ne pas dire d’une piscine, pour barboter et se rafraîchir », poursuit un autre. Le transport est un autre fardeau qui s’ajoute au lot des préoccupations des citoyens. « Pour aller vers Bouira ou Alger, il faut retourner jusqu’à El Achir pour prendre le bus ou le taxi. Idem pour se rendre à Bordj, il faut monter jusqu’à El Mehir, puisqu’aucun véhicule ne daigne marquer un arrêt ici », enchaîne-t-on. Le réseau de téléphonie mobile n’est pas en reste, puisque les habitants dénoncent l’absence de relais et du champ de couverture « faute d’opérateurs ». Devant ce tableau peu reluisant dressé par les habitants, on signale, en revanche, un point positif, celui d’une école alimentée au réseau d’énergie renouvelable, suivant un programme futuriste à encourager. n