La nouvelle de la mise en détention préventive du DSP de Tlemcen, en l’occurrence Abdelkader Baghdous, par la chambre d’accusation près
le Tribunal de Sétif a été bien accueillie par la population. Ce cadre de la santé ainsi qu’un entrepreneur avaient été auparavant placés sous contrôle judiciaire, poursuivis
pour conclusion de marchés douteux, de triche dans les normes de réalisation du centre
anticancer (CAC) de Sétif.

Rappelons que Abdelkader Baghdous a été installé fin octobre 2017 à la tête de la DSP de Tlemcen, en remplacement du Dr Khelil Mohamed Tewfik, qui a été muté à Béjaïa au même poste. Abdelkader Baghdous a occupé la direction de plusieurs structures de santé. Il a été directeur général du CHU d’Oran (secoué en mai 2010 par le scandale du cadavre d’un malade dévoré par des rats), puis directeur de la santé et de la population de la wilaya de Béchar et enfin DSP de Sétif (son dernier poste). Suite au départ « forcé » du DSP, c’est le secrétaire général auprès de ladite direction qui assure l’intérim, en attendant la nomination d’un nouveau locataire du bureau du Faubourg Pasteur (Tlemcen). Il faut souligner dans ce sillage que cette affaire n’est pas sans nous rappeler, par sa genèse, le cas de l’ex-DLEP de Tlemcen, Ali Asnouni, qui avait été rattrapé par la justice alors qu’il était en poste à Chlef. Il fut mis sous mandat de dépôt et écroué à la prison de Tlemcen. La même décision de justice avait, également, concerné deux chefs de service de la DLEP de Tlemcen, impliqués dans cette affaire de non-respect et violation du code des marchés relatif au projet de construction du centre anti-cancer (CAC) de Tlemcen, situé à Chetouane. Par ailleurs, trois autres fonctionnaires de ladite direction (membres de la commission des marchés), avaient été placés sous contrôle judiciaire. L’enquête avait été déclenchée suite à une plainte déposée contre l’ex-DLEP, par l’entreprise Bouabdallah, spécialisée dans les travaux de marbrerie et plâtre, qui fut lésée par l’ex-DLEP, lors des passations du marché, malgré son caractère de moins disant d’environ 7 milliards de différence. L’ex-DLEP de Tlemcen aurait attribué un marché de gré à gré à un entrepreneur égyptien pour la réalisation du plâtre du CAC de Chetouane, qui a réalisé, également, d’importants travaux de sculpture et de plâtre, se chiffrant à plusieurs dizaines de milliards, à la faculté de médecine Dr Benaouda-Benzerdjeb de Tlemcen, dans le cadre de l’évènement « Tlemcen 2011 ». Le projet du CAC a vu passer trois walis, Abdelouahab Nouri, Abdelhafid Saci et Ali Benyaïche, et deux ministres de la Santé, Abdelmalek Boudiaf en août 2014 et mai 2015, suivi de Mokhtar Hesbellaoui en juin 2017. Cette structure régionale spécialisée, qui a connu un retard de plusieurs années quant à sa réalisation, n’a pas jusqu’à présent, faut-il le noter, fait l’objet d’une inauguration officielle (la mise en service de l’aile de radiothérapie a été faite le 21 septembre 2017 par le wali Ali Benyaïche). Ce bloc qui n’est réalisé qu’à hauteur de 98% a bénéficié d’une enveloppe de 1,18 milliard de dinars, dont 1 milliard pour les équipements, selon la fiche technique.
Pour les sept autres services du CAC, le taux d’avancement des travaux varie entre 80 et 90%, notamment celui de la curiethérapie, de la médecine nucléaire, de l’oncologie, de la réanimation médicale, de l’imagerie, de la chirurgie hématologie (greffe de moelle), du laboratoire et de la pharmacie, ainsi que les autres blocs administratifs. Il est à rappeler que ce projet, faisant partie des structures similaires réalisées à travers le pays dans le cadre du plan national de lutte contre le cancer, a été inscrit en 2006 pour une capacité de 156 lits et une autorisation de programme de 4,159 milliards de DA. Outre une rallonge de 950 millions DA accordée en mai 2015 pour accélérer la réalisation du CAC de Tlemcen, dont les coûts ont été réévalués, s’ajoutant à une enveloppe de près de 500 millions de DA consacrée à l’équipement.
Au moins 8 membres de l’exécutif poursuivis en justice depuis 2010
Il y a lieu de mentionner dans ce contexte que pas moins de 8 membres de l’Exécutif de la wilaya de Tlemcen ont fait l’objet, depuis 2010, de poursuites judiciaires et/ou condamnés à une peine de prison, dont par ordre chronologique, le directeur de l’hydraulique K. M. (2010) 5 ans de prison en cassation, le directeur de l’urbanisme et de la construction S. B. (juillet 2010) 18 mois de prison avec 500 000 DA d’amende, le chef de Sûreté de wilaya M. S. (avril 2013) 10 ans de réclusion criminelle, le DLEP A. A. (octobre 2014) un an de prison ferme, le directeur régional des douanes H. B. (juin 2019) 10 ans de prison ferme, le directeur du cadastre par intérim (juillet 2019) placé sous mandat de dépôt, et le DSP A. B. (juillet 2019) placé en détention provisoire ainsi que le conservateur foncier de Tlemcen et le directeur régional des domaines (juillet 2019) sous le coup d’un mandat d’arrêt émis par le parquet de Tlemcen, ainsi que l’actuel et l’ex-directeur de l’EGTT H. C. et A. B. (juin 2019) sous contrôle judiciaire, abstraction faite du directeur des transports (octobre 2008) limogé par le ministre des Transports à cause du projet du téléphérique, le directeur de l’OPGI M. M. (septembre 2014) relevé de ses fonction par le ministre de tutelle, le DG de l’ETUT (avril 2011) suspendu par la tutelle sous la pression des grévistes de ladite entreprise, le directeur de l’éducation A. B. (février 2016) mis à la retraite à la suite du conflit l’ayant opposé à l’Unpef/Coweste), le secrétaire général de la direction de l’éducation Z. K. (juin 2019) muté à El Bayadh suite au conflit avec le nouveau DE… Par rapport au chef de l’exécutif, un ex-wali a été dernièrement (juin 2019) convoqué par la justice, en l’occurrence le parquet de Tlemcen pour être entendu au sujet de l’affaire dite du « chapiteau » dédié à l’évènement « Tlemcen 2011 », entre autres. Il s’agit de Nouri Abdelouahab (promu par la suite ministre de l’Agriculture puis du Tourisme).
Force est de constater que le feuilleton judiciaire frappé du symbole du «mendjel» n’est pas près de connaître son épilogue. n