Deux leaders du Hirak, en l’occurrence Brahim Lalami et Messaoud Leftissi, ont été condamnés, samedi et dimanche, respectivement, à six mois de prison ferme, et à six mois de prison avec sursis et une amende de
100 000 DA. Brahim Lalami a été condamné par le Tribunal d’Oran en raison de ses activités sur le réseau social. Il affirme sur sa page Facebook avoir été agressé, mercredi, par des individus rencontrés au commissariat de police en allant déposer plainte. En tentant de les filmer, Lalami a été arrêté et présenté, samedi, à la justice qui l’a condamné à six mois de prison ferme pour atteinte à la vie privée. Cette condamnation a soulevé un tollé de solidarité sur les réseaux. Originaire de la ville de Bourdj Bou Arreridj, l’activiste a déjà été arrêté une première fois en avril dernier à l’entrée d’Alger. Il a déclaré avoir été menacé de mort par ses ravisseurs s’il continue de militer. Notons que le concerné est l’un des principaux animateurs du Hirak. Il était à l’origine de trois actions de protestation contre le 5e mandat dans la ville de Bordj Bou Arréridj avant le 22 février. Il a été arrêté la première fois le 15 février, suite à une marche contre le 5e mandat. Pour préserver l’unité du mouvement, Brahim Lalami a sillonné plusieurs wilayas du pays pour appeler les jeunes manifestants à éviter les divisions et à préserver l’unité du peuple et du mouvement. Une initiative chaleureusement saluée par les activistes qui le voient comme guide, voire éclaireur.
Le militant Messaoud Leftissi a été, quant à lui, condamné hier par la Cour de Skikda à 6 mois de prison avec sursis et 100 000 DA d’amende pour «incitation à attroupement armé». D’après le journal électronique Huffingtonpost Maghreb, citant la famille du militant, la Cour de Skikda a rendu son verdict en l’absence du détenu, placé sous mandat de dépôt à la prison d’El Harrach à Alger pour « avoir brandi le drapeau berbère » lors du vendredi 21 juin. Il a été convoqué, le 6 mai, à une audience programmée le 2 juin, avant d’être reportée au 23 du même mois puis au 14 juillet. Messaoud Leftissi est accusé « d’incitation à attroupement armé ». Le jeune militant s’est distingué pendant les marches de vendredi par les slogans critiquant les sorties du chef d’état-major de l’armée Ahmed Gaïd Salah. Des slogans que les manifestants n’hésitent pas à adopter dans plusieurs villes. La défense a devant elle 10 jours pour faire appel de cette décision. Samedi, le bureau d’Algérie d’Amnesty International a demandé la libération de Messaoud Leftissi et l’arrêt des poursuites à son encontre. « Nous appelons les autorités algériennes à libérer ce militant et à abandonner toutes les charges retenues contre lui », écrit Amnesty dans un communiqué.

Près de 70 détenus recensés
Selon le vice-président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (Laddh), Saïd Salhi, cité par TSA, le nombre de personnes arrêtées en raison de leur engagement dans le Hirak a atteint les 70. La plupart de ces dernières ont été arrêtées dans les wilayas d’Alger et Bouira. Le recensement de tous les détenus n’est pas une mince tâche, reconnaît la même source. L’Union nationale des Ordres des avocats (Unoa) s’est engagée, au début du mois en cours, à défendre bénévolement tous les détenus du Hirak, tout en appelant les pouvoirs publics au respect des libertés individuelles et collectives. Une position que les animateurs du Hirak ont applaudie. <