La chambre d’accusation du Tribunal militaire de Blida examinera, aujourd’hui, une nouvelle demande de liberté provisoire introduite par le collectif de défense de Louisa Hanoune auprès du Parquet militaire de Blida.

Ce troisième appel est la dernière procédure du genre à laquelle a droit la secrétaire générale du Parti des Travailleurs (PT) avant la programmation de son procès, souligne Rachid Khane, membre du collectif de défense.
Depuis le placement de Louisa Hanoune sous mandat de dépôt, le 9 mai dernier, la chambre d’accusation du Parquet militaire a reçu deux appels de liberté provisoire qu’elle a rejetés. L’enquête menée dans le cadre des investigations sur l’affaire dans laquelle est poursuivie la cheffe du PT « est finalisée », nous dira Me Khane, ajoutant que « le Parquet militaire devrait programmer une audience pour la comparution des prévenus ».
L’avocat de la défense regrette toutefois que les demandes de liberté provisoire introduites aient été rejetées, et ce, « bien que les avocats de Mme Hanoune aient prouvé que la prévenue présente toutes les garanties pour être maintenue en dehors de la prison». La détention provisoire «n’est prévue par le code de procédure pénale que comme mesure exceptionnelle », insistera notre interlocuteur
Louisa Hanoune est poursuivie dans la même affaire que Saïd Bouteflika, ancien conseiller à la Présidence, et les généraux Mohamed Mediene et Athmane Tartag, placés eux aussi sous mandat de dépôt depuis le 5 mai dernier sur ordre du Procureur général près du Tribunal militaire de Blida. La cheffe du PT a été interpellée quelques semaines après avoir participé à une « réunion consultative » avec ces trois prévenus, qui a eu lieu le 27 mars dernier, avant la démission de l’ex-président Abdelaziz Bouteflika. Dans ses dépositions, elle a déclaré qu’elle a été conviée à cette rencontre pour donner son avis sur la situation politique du pays, explique Me Khane, non sans préciser qu’elle y avait pris part car « elle pensait qu’il s’agissait d’une rencontre officielle tenue avec l’accord de la Présidence de la République ». Il est utile de rappeler que dans le cadre de cette affaire, le Tribunal militaire a convoqué comme « témoin à charge » le général à la retraite et ancien ministre de la Défense, Khaled Nezzar. Ce dernier avait publié une déclaration dans laquelle il dénonçait « le complot organisé par l’ancien conseiller de la présidence ». Tayeb Belaïz, ex-président du Conseil constitutionnel, a été également convoqué en qualité de témoin par le même tribunal de Blida.
Pour rappel, Mme Hanoune est poursuivie pour deux chefs d’inculpation : « complot ayant pour but de porter atteinte à l’autorité du commandant d’une formation militaire », énoncé dans l’article 284 du code de justice militaire, et « complot pour changer le régime », un acte prévu et puni par l’article 77 du code pénal.