La photo en dessus, montrant Djamel Belmadi, au milieu de ses joueurs, après la victoire face au Nigéria, résume l’état d’esprit de l’équipe en cette CAN 2019.  La qualification en finale de cette CAN 2019 vient surtout couronner l’excellent travail que le coach des Verts effectue depuis sa prise de fonction, il y a même pas une année (le 02 aout 2018). Cette image montre à quel point il donne de l’importance au côté psychologique des joueurs, et ces derniers le lui rendent bien.

Cette parfaite symbiose entre Belmadi et ses joueurs n’est pas une première pour le coach. L’image en dessous remonte à mai 2016, à Doha, quand il drivait le club qatari Al-Duhail . Djamel Belmadi célébrant avec ses joueurs l’obtention de la coupe de l’Emir.

Jon Snow!

L’image de Belmadi au milieu de ses joueurs  a tellement marqué les esprits que certains n’ont pas hésité à comparé le coach algérien à Jon Stow,  un des principaux personnages de la série télévisée « Game of Thrones » (GOT).  Il ne s’agit pas de ressemblance physique mais d’image.


Une scène dans le 9e et avant-dernier épisode de la 6e saison de GOT (

La passion apporte la maîtrise

Le choix même du 11 rentrant est le résultat d’un véritable travail de manager. Il vient confirmer que ce coach maitrise vraiment son sujet. La manière avec laquelle il a pallié à l’absence de Youcef Atal sur le flanc droit de la défense est d’ailleurs édifiante. Belmadi a opté pour la solution la plus logique, celle de Mehdi Zeffane. Un choix risqué pour certains, et pour plusieurs raisons. En plus de lui reprocher ne pas avoir la même qualité de jeu que Atal, les supporters n’ont pas encore digéré la piètre prestation de Zeffane lors du premier match des éliminatoires de la coupe du monde 2018 (1-1 face au Cameroun, en octobre 2016, à Blida et l’entraîneur des Verts, à l’époque, était le serbe, Milovan Rajevac). Ce jour là, ceux qui lui ont incombé le semi-échec (qui annonçait d’ailleurs l’élimination prématurée de la sélection algérienne) étaient très nombreux. D’ailleurs, depuis ce match, l’arrière droit n’a plus été sélectionné en EN. Il a fallut attende l’arrivée de Belmadi pour le voir porter le maillot national.

En l’incorporant, hier, d’entrée face au Nigéria, le sélectionneur national ne voulait vraisemblablement pas chambouler son team. Un choix que Belmadi a  expliqué lors de sa conférence de presse d’après le match. En premier lieu, l’entraîneur connait les qualités et le niveau de Zeffane. Selon le coach, le profil de joueur était le plus indiqué pour contrer l’attaquant nigérian qu’il allait avoir en face lors du match et qui n’est autre que le virevoltant Ahmed Musa (actuellement à Al-Nassr saoudien, et auparavant il avait porté les maillots, entre autres du Leicester et du CSK Moscou). Belmadi ne connaissait pas uniquement la valeur de son joueur, mais également (comme il l’a expliqué lors de la même conférence), et avec précision, celle l’attaquant des Super Eagles. Cette maitrise des données livre une idée sur le profil même du coach, celui d’un passionné de son métier, du football. Les plus performants sont toujours qui sont passionnés par ce qu’ils font.

L’exemple de Zeffane n’est pas le seul. Chaque élément des 23 sélectionnés semble avoir été choisi avec minutie.  Le cas de l’avant centre Baghdad Bounedjah est à méditer également.

Baghdad Bounedjah sur les traces de Chérif Oudjani (à droite) ?

Pour cela, il faut rappeler le cas de Chérif Oudjani en 1990, lors de la seule CAN gagnée par l’Algérie. Il était critiqué depuis le début de la compétition. La raison ? Il avait raté plusieurs occasions de buts. Avant la finale face au Nigéria, il n’avait marqué qu’un seul but. Malgré toutes les critiques, son entraîneur de l’époque, le défunt Kermali, lui faisait à chaque fois confiance. Et au bout, c’est lui qui avait offert le titre continental en inscrivant le seul (et très beau) but de la rencontre. 29 ans après, Bounedjah, depuis le début de cette CAN 2019, a raté plusieurs occasions nettes de marquer (entre autres un penalty, en quart de finale, face à la Côte d’Ivoire). L’enfant d’Oran est la cible favorite des critiques et il n’a inscrit, depuis le début de la compétition, qu’un seul but. Belmadi lui fait confiance à chaque match et le défend devant tout le monde. Maintenant, Bounedjah sait ce qu’il doit faire.

@SalimKoudil

9h19#CAN2019 (14): Un trio africain qui ne lâche pas