Les subventions font partie des dossiers dont la voie à une adoption a été ouverte. Le sujet est mis sur la table du gouvernement. Dans un long entretien accordé à l’agence officielle APS, le ministre des Finances, Mohamed Loukal, en parle, levant un coin du voile sur la question. « L’autre dossier important, actuellement à l’étude au niveau du gouvernement, est celui des subventions », a-t-il indiqué. Et d’expliquer : « La démarche visant à rationaliser la dépense publique sera confortée, de manière progressive, par la mise en œuvre de la réforme des subventions de l’Etat, avec le ciblage des populations éligibles à la compensation monétaire afin d’atténuer l’impact de la baisse graduelle des subventions sur leur pouvoir d’achat. Toutes les conditions sont là pour concrétiser la réforme des subventions ». Ainsi, les autorités publiques s’emploient à l’élaboration d’une esquisse en vue de définir un cadre opérationnel de subventions ciblées pour les groupes sociaux les plus pauvres, qui ne peuvent pas rembourser totalement leur dette contractée au taux du marché.
Elles estiment qu’il est essentiel de parvenir à la vérité des prix. La politique de subvention à partir des transferts sociaux et aides directes ou indirectes sera consacrée aux catégories vulnérables, en allégeant l’impact négatif de la hausse progressive des prix sur ces catégories, à travers un programme d’indemnisation de la population affaiblie par les réformes escomptées. L’Exécutif semble résolu à aller au fond d’un problème. Dans un contexte d’amenuisement de la ressource, il ne peut pas se permettre d’injecter de l’argent via le soutien budgétaire concernant les subventions. Mohamed Loukal a, par ailleurs, évoqué les mesures nécessaires pour sauvegarder l’outil de production et les postes d’emploi des entreprises économiques, dont les propriétaires sont incarcérés pour des affaires de corruption et autres.
Leurs patrons étant en prison, l’Etat vole au secours des entreprises en difficulté
Le ministre se montre rassurant, déclarant que « nous travaillons, au niveau du gouvernement, à des solutions juridiques concernant ces entreprises et que l’outil de production et les postes d’emploi au niveau de ces entreprises seront sauvegardés coûte que coûte ».
Les employés de ces entreprises seront très contents à la lecture de ces déclarations ! Loukal a souligné que la poursuite de leur fonctionnement et de celui des projets industriels, confrontés à des mesures conservatoires dans le cadre de procédures judiciaires, était au centre des préoccupations du gouvernement. Selon lui, le gouvernement, qui ne pouvait pas rester passif à ce qui se passe sur la scène économique, a décidé de mettre en place un dispositif de sauvegarde pour prévenir les éventuelles turbulences susceptibles d’impacter l’emploi, la production et le climat des affaires en général en Algérie. Le dispositif de sauvegarde est supervisé par un comité intersectoriel ad hoc, placé auprès du ministère des Finances. Il est composé des membres du gouvernement et du gouverneur de la Banque d’Algérie.
Pour l’argentier du pays, le réel challenge de l’économie algérienne aujourd’hui est « l’amélioration de la productivité » et de la création de la valeur ajoutée. C’est dans cet objectif que l’Etat avait pris les mesures nécessaires pour sauvegarder ces entreprises. En principe, si les groupes dont les dirigeants sont en détention provisoire, sont viables financièrement, s’ils ont un avenir et s’ils participent à la création de la richesse, il n’y a pas de raisons impérieuses de les dissoudre, car, dans les dossiers en instruction, on juge les infractions aux lois, pas l’entreprise, qui est une communauté d’hommes et de femmes pour qui, il importe de non seulement bien vivre leur situation professionnelle, mais aussi de produire des richesses et de contribuer à faire évoluer l’économie. Mais que fera le gouvernement actuel pour aider ces entreprises à surmonter les difficultés ? Dans l’urgence, va-t-il apporter des capitaux destinés à renflouer les caisses de ces entités ? L’Exécutif est-il prêt à aller jusqu’à nationaliser partiellement certaines de ces entreprises ? Loukal n’en dit pas davantage. Il reste vague sur ce dossier et ne dit rien des modalités qui permettraient à ces entités de ne pas sombrer dans le chaos.