Brian Homewood (58 ans), journaliste chez Reuters, nous a donné ses appréciations sur la Coupe d’Afrique des nations 2019, l’équipe nationale et ce duel tant attendu face au Nigéria pour le compte des demi-finales de la messe continentale. Dans le circuit sportif, footballistique notamment, depuis 1983, cet Anglais établi en Suisse a un regard d’expérience sur le foot africain. Lui qui couvre l’évènement pour la 8e fois.

Reporters : Un match décisif se jouera aujourd’hui au Stade International du Caire, que pensez-vous de cette confrontation ?
Brian Homewood : Effectivement, la rencontre est difficile à pronostiquer. Je pense que ce sera un match qui se jouera sur des détails. L’aspect physique surtout. La récupération sera importante même si le fait de jouer en nocturne reste un avantage pour le spectacle.
Justement, le Nigéria est une équipe qui compte beaucoup sur l’aspect physique avec des ailiers très rapides et explosifs devant, pensez-vous que c’est leur seul atout ?
Oui et non. Je pense que les Nigérians ont du souci à se faire derrière parce que la défense ne m’a pas l’air vraiment sereine. Notamment leur gardien qui n’est pas très rassurant dans ses interventions. Et comme vous l’avez relevé, en attaque, Musa et Chukwueze ainsi qu’Iwobi sont capables de faire la différence à ce niveau. Il faudra bien les contenir.

L’Algérie jouera amoindrie par l’absence de Atal, forfait pour le restant du tournoi. Avec des ailiers rapides côté nigérians, est-ce que sa défection pèsera ?
Votre arrière-droit a montré beaucoup de qualités depuis le début du tournoi. C’est un latéral moderne et sa présence aurait offert plus de solutions à l’équipe. Maintenant, le foot reste un sport collectif et le coach a certainement un plan pour remédier à ce forfait qui, malheureusement, tombe très mal.

Vous avez assisté à la conférence de presse d’avant-match. Que pensez-vous de la communication du sélectionneur d’Algérie ?
A vrai dire, je ne suis pas très bon en français (rires), mais il dégage de l’assurance. Néanmoins, il aurait dû répondre à la journaliste nigériane (Belmadi lui dit que c’était le rôle des arbitres de traiter les faits de jeu et non des journalistes) pour ce qui est de l’incident avec son joueur (Bensebaïni qui a simulé une agression de Zaha). Il pourrait être plus diplomatique parfois.

Vous semblez avoir assez d’expérience en Afrique. Pouvez-vous nous dire le nombre de CAN à votre actif ?
Oh, pour les CAN j’en suis à ma huitième en plus de 7 Coupes du Monde, 7 Copa America et 4 Coupes d’Europe des nations (Euro). J’ai 58 ans aujourd’hui. Je pense que dois commencer à préparer ma retraite (rires).

Le CV est là. Il est impressionnant. Vous avez assisté à pas mal d’évènements de prestige. Comment trouvez-vous l’organisation de cette CAN par l’Egypte ?
Les stades sont beaux et les pelouses sont en très bon état. L’idéal pour avoir des matchs de qualité. Après, il y a le problème des tribunes vides. Aussi, il y a le passage à 24 équipes qui n’est, à mon avis, pas vraiment la formule idéale. Je pense que la Confédération (CAF) devrait plus penser à un mode de compétition qui arrangerait l’Afrique. Il ne sert à rien de copier l’UEFA. L’autre point noir reste la chaleur et la période de la tenue de cette CAN. Je préférais quand elle se jouait en hiver et à 16 équipes. Même pour les joueurs, il sera difficile de rattraper le retard en matière de préparation puisqu’ils rateront une bonne partie de l’intersaison.

Pensez-vous que l’Algérie a une chance de la remporter ?
Quand on atteint la demi-finale, on a toujours une chance de remporter le tournoi. Potentiellement l’Algérie peut être championne. Après, il reste l’épreuve du terrain.n