La programmation de l’affaire Chakib Khelil aujourd’hui par la Cour suprême aurait pu donner lieu à un des procès les plus attendus depuis que la chronique nationale est rythmée par une succession de convocations d’anciens hauts dirigeants de l’Etat.
Il aurait pu vraisemblablement faire oublier le passage de certaines figures du système Bouteflika, à l’image de l’ancien chef du gouvernement, Ahmed Ouyahia, et de son prédécesseur, Abdelmalek Sellal. Sauf que la séquence et qui devrait mettre l’ancien ministre de l’Energie et des Mines devant le juge n’aura pas lieu. La séquence sera celle du procès de l’absent. Et le réexamen annoncé de l’affaire Sonatrach I et II sera a priori renvoyé.
Mais la convocation de Chakib Khalil par la plus haute juridiction ouvre manifestement la voie à une nouvelle évolution dans le traitement du dossier de l’affaire Sonatrach I et II qui aura fait couler beaucoup d’encre pas uniquement en Algérie.
A l’évidence, l’absence de l’ancien ministre pour cette seconde convocation du juge enquêteur peut annoncer le lancement d’un mandat d’arrêt international à son encontre.
Chakib Khelil rejoindrait alors son ancien collègue de l’Exécutif, Abdeslam Bouchouareb, contre qui a été lancé récemment un mandat d’arrêt international, lui, aussi, qui se trouve à l’étranger.
Il est évident qu’une telle évolution promet de nouveaux rebondissements dans le traitement de l’affaire Khelil qui a disparu des radars notamment depuis l’irruption du mouvement populaire réclamant le changement du système et qui a provoqué la chute du régime Bouteflika. Depuis, toutes les figures apparentées au règne de ce régime se sont retrouvées dans de sales draps et des démêlés judiciaires à répétition au moment où certains croupissent déjà en prison.
Une évolution qui a incontestablement mis l’appareil judiciaire à l’épreuve en le plaçant au cœur de l’agitation politique qui accompagne la dynamique du mouvement populaire depuis plus de quatre mois.
Et plus les poursuites ciblent des notoriétés du régime et d’anciens hauts dirigeants de l’Etat, plus l’épreuve gagne en importance et en significations politiques.
L’affaire Khelil ne manquera pas vraisemblablement d’enseignements même si elle se déroulera sous la forme du procès de l’absent, l’utilité étant dans les suites qu’elle peut promettre…