Le parti de Jil Jadid dénonce l’entrave à l’exercice politique dont il a été victime vendredi à Oum El Bouaghi, où la conférence-débat que devait animer dans la soirée son président, Soufiane Djilali, a été empêchée par des forces de police, fortement mobilisées pour la circonstance.
La conférence-débat a été initiée et programmée par l’association Aurès Macomades de Oum El Bouaghi sur le thème «Quelles solutions politiques pour une réponse effective à la volonté populaire ?». L’interdiction intervient dans un contexte marqué par la multiplication des atteintes aux libertés publiques et individuelles, avec notamment des arrestations en série et des procès qui se succèdent sur fond de mobilisation citoyenne et de collectifs d’avocats exigeant que «cessent ces poursuites». «C’est une énième atteinte aux libertés», a dénoncé, samedi, Habib Brahmia, responsable de la communication au sein du parti, rappelant au pouvoir politique sa responsabilité de réunir les conditions favorables pour mener le dialogue qu’il compte amorcer avec les courants politiques en vue d’une solution à la crise que traverse le pays. «Nous disons oui à un dialogue entre l’Etat et les politiques, mais aussi oui pour un dialogue avec les Algériens, c’est-à-dire un dialogue qui donne la parole à l’ensemble de la société», a-t-il souligné, tout en qualifiant de «grave» cette tentation liberticide qui affaiblit, selon lui, les possibilités de dialogue. Pour Habib Brahmia, le succès qu’a connu «la rencontre de proximité organisée plus tard dans la ville de Aïn Beïda, où les gens ont pu s’exprimer dans le respect de la différence d’opinion entre les partisans des thèses de Jil Jadid et ses contradicteurs, est une preuve solide que les Algériens peuvent et savent dialoguer».
Le premier responsable de Jil Jadid avait, pour rappel, plaidé, lors du Forum national de dialogue pour la consécration des revendications du mouvement populaire, pour «un dialogue sérieux et fertile entre le pouvoir et la société politique». «Pour sa réussite, il est nécessaire d’avancer des gages de bonne volonté, de s’entendre sur une feuille de route et d’aller résolument vers la mise en place de garanties négociées», avait recommandé Soufiane Djilali. Ce dernier a réitéré, par la même occasion, son exigence de «gages de bonne volonté» de la part du pouvoir politique. «Si le pouvoir actuel est sincère dans sa volonté d’aider au changement exigé par le peuple, tel qu’il le proclame, il doit remettre en liberté tous les détenus d’opinion», a-t-il souligné.
Pour Soufiane Djilali, «il n’est pas possible de dialoguer alors que des jeunes et des moudjahidine sont en prison pour avoir participé à une manifestation, avoir arboré l’emblème amazigh ou même avoir critiqué les dirigeants du pays». A Jil Jadid, on estime qu’«un tel pas est un préalable qui favorisera, à n’en pas douter, la mise en forme du dialogue».