Le syndicat universitaire Conseil national des enseignants du supérieur (Cnes) a tenu, hier, une rencontre nationale à l’université d’Alger III. Etaient présents à cet évènement, l’Union générale des étudiants libres (Ugel), réputée proche des courants islamistes, le MSP notamment, le Syndicat national des professeurs spécialisés du secteur de la formation et de l’enseignement professionnels, ainsi que le Syndicat algérien des fonctionnaires de l’administration publique. Avec eux, il y avait également une association dénommée «Forum de la citoyenneté culturelle et mondiale ». L’ensemble s’est engagé en présence du recteur de l’université, Rabah Cheriet, pour défendre l’option présidentielle comme voie de sortie de la crise politique et institutionnelle que vit le pays. Les participants, une cinquantaine de personnes, ont déclaré militer pour trouver « une issue dans le cadre de la Constitution et l’organisation d’une élection présidentielle ». A cet effet, une « feuille de route » a été élaborée par« une commission composée d’experts universitaires en droit constitutionnel », a déclaré le coordinateur du Cnes, Abdelhafid Milat. Ce dernier a parlé de l’initiative comme étant «rassembleuse » et « irréprochable » en ce qu’elle propose une alternative plus sérieuse, selon lui, que celle d’une transition démocratique. M. Milat a indiqué à ce sujet que le groupe qui s’est associé à l’initiative qu’il a défendue hier « a élaboré une feuille de route pour engager un dialogue national efficace, susceptible de faire sortir le pays de cette conjoncture exceptionnelle qu’il traverse ». La feuille de route, a-t-il ajouté, contient des « réponses aux différentes questions posées sur la scène politique et instaure les mécanismes juridiques adéquats, consistant en la création d’une commission nationale indépendante pour l’organisation et la surveillance de l’élection présidentielle, et ses mécanismes juridiques garants du maintien de la solution constitutionnelle ».
La feuille de route propose la formation « d’une instance nationale chargée de l’organisation du dialogue devant précéder l’organisation du scrutin présidentiel. L’instance est constituée de 12 membres issus des trois pouvoirs législatif, exécutif, et judiciaire, des partis politiques et de la société civile. Il est proposé également l’amendement de la loi organique portant régime électoral, afin d’attribuer toutes les prérogatives de l’organisation d’une élection présidentielle à l’instance nationale en charge ».
Dans le sillage du dernier discours du président de l’Etat Abdelkader Bensalah, le 3 juillet, le coordinateur du Cnes a insisté sur l’importance d’accorder à cette commission «toutes les prérogatives et garanties, en dehors du cadre institutionnel de l’Etat, en la dotant de moyens nécessaires pour accomplir pleinement son rôle », ajoutant que ladite commission doit être « habilitée à mener et gérer le dialogue, en allant vers une Présidentielle dans les plus brefs délais». Il a, d’autre part, mis en garde contre une solution en dehors du cadre constitutionnel qui risquerait, selon lui, de « plonger le pays dans le chaos total », soulignant l’impératif de se tenir à l’écart des «conflits qui ne servent point le pays ».<