A l’opposé du CNES, le collectif des professeurs en sciences médicales, qui s’est réuni au «surlendemain de la marche du siècle du peuple algérien souverain», vendredi 5 juillet, a publié une déclaration par laquelle il appelle à « la mise en place dans les meilleurs délais d’une période de transition dirigée par un présidium chargé de gérer le pays et désigner un Comité autonome d’organisation de l’élection présidentielle transparente, sans la participation de ceux qui ont organisé depuis l’avènement de l’indépendance toutes les élections qu’elles soient locales, législatives ou même présidentielles». Le collectif appelle également à «l’installation d’un nouveau gouvernement de transition aux pouvoirs élargis, chargé de mettre en application les revendications du peuple, par l’assainissement de l’environnement socio-économico-politique du pays, dans son ensemble». Pour ce collectif, « vouloir imposer la tenue d’une élection présidentielle « dans les plus brefs délais », sans période de transition, n’est ni réaliste ni raisonnable. Cela ne fera que reconduire le système honni par le peuple dans son ensemble et enfoncer davantage le pays dans la crise, au lieu de la résoudre. Le peuple n’a pas cessé de le répéter depuis le 22 février ». Ses membres appellent les «autorités à prendre toutes les mesures économiques et judiciaires pour protéger notre économie et récupérer les fortunes détournées et placées dans les banques étrangères, en mettant en avant la Convention du GAFI, celle de l’OCDE sur le blanchiment d’argent, ainsi que la Convention des Nations unies de 2003 ratifiée par l’Algérie ».
Ils prennent acte de « la volonté des décideurs de nettoyer les écuries d’Augias avec notamment l’arrestation de certains de ceux qui ont volontairement mené notre pays à l’incurie ». « Nous attendons de voir la suite des évènements, « avec les poursuites judiciaires à l’encontre du reste du clan et notamment le chef d’orchestre de ce funeste aéropage qui est l’ancien président de la République », affirment-ils dans leur déclaration. « Tous les vendredis et mardis, tout le monde constate qu’Il n’y a pas de traitres parmi les marcheurs, il n’y a que des patriotes jaloux et inquiets pour l’avenir de notre Algérie qu’ils placent au-dessus de tout. Nous avons pu apprécier le degré de maturité du peuple algérien, qui a su différencier entre l’emblème national et la représentation d’une appartenance ancestrale commune pour lesquels il a exprimé son immense fierté. Le peuple a encore une fois su déjouer le piège du régionalisme, tendu par les ennemis de la démocratie ». Parallèlement, le collectif qui s’inspire de la pensée de Fanon dont il reprend une citation appelle les autorités à « respecter et faire respecter les droits constitutionnels de tout Algérien, à savoir :- Les articles 32 et 40 relatifs à l’égalité de tous les algériens devant la loi, l’interdiction de toute discrimination quelle qu’elle soit, l’interdiction de toute violence physique ou morale, ou atteinte à la dignité – Les articles 42 et 55 relatifs à la liberté d’opinion et à la liberté de circulation sur le territoire national ». Il se déclare « profondément indigné par le traitement qui a été infligé aux jeunes et pacifiques manifestants par les services de sécurité ».