Cette Coupe d’Afrique des nations arrivée à son dernier virage nous donnera ce soir les noms de ceux qui auront l’insigne honneur d’animer le dernier acte pour caresser l’histoire. Pour le groupe de Feghouli, Benlamri, Bounedjah, l’heure de se transcender est arrivée, se donner à fond pour prouver à l’Afrique que le football algérien est bel et bien revenu.

L’équipe nationale algérienne qui aura réussi un exploit inimaginable il y a seulement quelques mois, est plus que jamais face à son destin. Celui d’être de la fête ce vendredi 19 juillet pour une finale qui lui irait de droit pour tout ce qu’elle a montré et pour tout le bonheur apporté aux Algériens. Ce qui a séduit dans ce groupe façonné prodigieusement par Djamel Belmadi, c’est cette propension à aller de l’avant, l’envie de réussir et être à la mesure des espérances de tout un peuple. Les images fortes des joueurs et du coach en pleurs lors de l’angoissant Algérie-Cote d’Ivoire ont eu un effet catalysant d’une force que seul le football est capable d’offrir. Pour les millions d’Algériens, ces footballeurs-là mettent du cœur à défendre les couleurs nationales et se donnent à fond, sans calcul. La qualification arrachée in extremis face aux ivoiriens dans l’accablante chaleur de Suez a été celle du cœur, les Algériens à deux marches du saint graal, auront désormais tout à gagner. Ils ont déjà acquis la reconnaissance des leurs et les louanges des observateurs et analystes. Ne reste que le dernier coup de rein pour se hisser et pouvoir être le jour J sur l’estrade pour arracher l’étoile. Cet Algérie-Nigeria en demi-finale de l’une des plus singulière CAN de l’histoire de cette compétition dont l’origine remonte à un certain juin 1956 sera sans nul doute très disputé. Les difficultés remarquées face à la Cote d’Ivoire démontrent que les organismes commencent à accuser le coup après un tournoi plein et engagé. En face le Nigeria sera inévitablement un gros client pour l’Equipe nationale. En 17 participations, les Super Eagles se sont retrouvés 14 fois dans le dernier carré. C’est impressionnant. Mais en football, on l’aura vu de façon récurrente, la logique du terrain est loin d’être celle des statistiques froides et des chiffres austères.

La meilleure du tournoi
L’équipe nationale algérienne aura été bien la meilleure équipe du tournoi. De l’avis unanimes ici en Egypte, observateurs des différents pays, journalistes, techniciens, amoureux du football et l’homme de la rue, l’Algérie aura produit le meilleur football des 24 sélections engagées. C’est d’abord cela le grand succès de l’Algérie dans cette CAN au bord du Nil. Mais le football a de ces caprices que cette édition de la CAN a étalées maintes fois depuis le début du tournois. Etre le meilleur ne suffit pas. Le lieu où se joue cette compétition africaine n’est guère anodin à l’enthousiasme ambiant. L’Egypte a toujours été pour les Algériens un adversaire footballistique pas comme les autres. Les rencontre entre les deux nations ont toujours donné lieu à des tensions souvent exacerbées. L’équipe d’Egypte n’est plus là, mais gagner sur cette terre de football sera irrémédiablement historique à des niveaux divers. L’occasion ne se répètera probablement pas de sitôt. Les algériens sont à 90 minutes de jouer cette finale tant attendue. Et malgré la difficulté de la tache il s’agit véritablement de forcer le destin et emmener les Algériens au seuil du septième ciel. Encore une fois jouer la finale de cette CAN égyptienne ne serait que justice pour le groupe de Belmadi qui a su donner une image plus que séduisante et surtout annonciatrice de lendemains encourageants pour les prochaines échéances, CAN 2021 et Mondial 2022. Les algériens et leurs supporters d’autres pays retiennent leur souffle. Ce soir dans le mythique Cairo Stadium il n’y aura guère de place pour l’attentisme, croire en ses chances et prouver à l’Afrique que le football algérien est bel et bien revenu.