Sur le sujet épineux de la validation des diplômes des écoles d’arts et instituts artistiques en Algérie, le ministère de la Culture entamera des contacts avec les départements de l’Enseignement supérieur, et de la Recherche scientifique et celui de la Formation et de l’Enseignement professionnels pour l’équivalence des diplômes des promus dans des créneaux relevant de la culture et des écoles des Beaux-Arts, a indiqué jeudi à Constantine, la ministre de la Culture Meriem Merdaci.

«Cette démarche devra permettre aux diplômés des écoles des Beaux-Arts et aux promus de la formation professionnelle de postuler et de bénéficier de postes d’emploi», a précisé la ministre au cours de son inspection de l’Ecole des Beaux-Arts à la cité Boussouf. Cette annonce dévoile que la question de la reconnaissance des diplômes artistiques et culturels est toujours en chantier et que les conventions signées lors des précédentes années sont toujours au centre de «discussions», bien que de nombreux acquis ont d’ores et déjà été arrachés grâce à la mobilisation estudiantine. Pour rappel, la validation ou la reconnaissance des diplômes des écoles et instituts supérieurs dédiés aux arts et la culture font l’objet, depuis des années, l’une des principales revendications des étudiants. En 2017, la mobilisation des étudiants des Beaux-Arts d’Alger, à travers une grève illimitée boycottant les cours, jusqu’à l’ultime recours à la grève de la faim d’un groupe d’étudiants, avait contraint le ministère de la Culture à s’engager officiellement pour la création d’une commission mixte entre le ministère de la Culture et le ministère de l’Enseignement supérieur. Suite aux travaux de cette commission, un accord de principe concernant la signature des diplômes obtenus au sein de l’Ecole par les services du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a été entériné et les services du ministère de l’Enseignement supérieur se sont engagés à accompagner l’administration de l’Ecole supérieurs des beaux-arts d’Alger et, par ricochet, les écoles régionales des Beaux-Arts, dans le processus d’intégration du Système LMD au sein du système d’enseignement de l’Ecole. L’autre acquis arraché par les étudiants, durant de cette année 2017, est la révision du statut de l’Ecole supérieure des Beaux-Arts et son adaptation au décret 16-176 portant statut type des écoles supérieures sachant que le décret 16-176 prévoit la nécessité de la révision de la gestion interne de l’Ecole supérieure des beaux-arts, conformément à la règlementation en vigueur dans la gestion des écoles supérieures. Par ailleurs, en plus des Ecoles des Beaux-Arts, deux autres instituts avaient également fait couler beaucoup d’encre, ces dernières années, concernant la validation des diplômes. Il s’agit de l’Institut national supérieur de musique d’Alger (INSM) et l’Institut supérieur des arts de spectacles. Pour ce qui est de l’Institut national supérieur de musique d’Alger, suite à la nomination de Abdelkader Bouazzara, en tant que directeur de cet institut, en avril 2018 a été signée la première convention entre l’INSM et une université pour l’encadrement des jeunes diplômés. Il s’agit en l’occurrence de l’université Abdelhamid-Ibn Badis de Mostaganem, afin de mettre à contribution les étudiants en LMD (licence, master et doctorat)…». Cette convention portait notamment sur l’engagement de l’Institut national supérieur de musique à doter les étudiants (licence et master) d’un réseau d’études musicales soutenus par un encadrement pédagogique de qualité et de haute expertise et à garantir des places pédagogiques (licence et doctorat) au niveau de la faculté de littérature arabe et des arts de l’université de Mostaganem. Dans un autre registre, l’Institut supérieur des métiers des arts du spectacle (Ismas) de Bordj El Kiffan a été marqué cette année 2019 par un large mouvement de grève concernant notamment la question de la validation des diplômes. La directrice de l’ISMAS, Fouzia Akkak, avait affirmé, dans un entretien qu’elle avait accordé à Reporters, que suite à la mise en place du système LMD, le canevas des formations de chacune des cinq spécialités de l’Ismas ont reçu les accords des deux ministères, celui de la Culture et celui de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Fouzia Akkak avait expliqué à ce sujet que «cela veut donc dire que les diplômes provisoires, signés par l’Ismas, sont reconnus et qu’ils le sont déjà tout à fait par la Fonction publique et même à l’étranger. Grâce à cela des étudiants ont réussi à s’inscrire pour poursuivre des formations à l’étranger ».