Après la visite de la ministre de la Culture à Constantine, tout un chacun se posait la question suivante : qu’était venue faire Meriem Merdaci dans sa ville natale ? «Si c’est pour venir rendre visite à sa famille, on comprend, mais au vu de ce qui s’est passé, nous sommes enclins à penser que c’est encore une provocation du gouvernement Bedoui», nous dira un représentant de la société civile, bien visible tous les vendredis du Hirak. C’est vrai que quand on jette un œil au programme de la visite ministérielle, on se demande si c’est nécessaire d’inaugurer des infrastructures déjà opérationnelles. Le mercredi, d’abord, un point qui n’était pas inscrit à l’ordre du jour a failli engendrer l’irréparable. Venue à une exposition de peinture au musée Bey Ahmed, la ministre de la Culture a opté, et c’est une première, d’aller «prendre un pot» en compagnie de l’ambassadeur du royaume des Pays-Bas juste en face du palais. Les consommateurs de l’estaminet, d’abord surpris par la présence des officiels, a de suite recouvré ses esprits pour «entonner» le fameux «klitou lebled yasarakine».  Les forces de sécurité évacueront la délégation rapidement et procéderont à l’arrestation de quatre personnes. Heureusement relâchées bien avant leur arrivée au commissariat central, comme nous le confirmera un d’entre eux. Le lendemain, jeudi, fut consacré à de drôles de visites. La première, selon le programme, pour l’inauguration d’une bibliothèque réalisée dans le cadre de «Constantine, capitale de la culture arabe», opérationnelle depuis quatre ans et inaugurée précédemment par deux autres ministres de la Culture. Nous passerons sur la visite de l’Ecole des Beaux-Arts à Boussouf, qui n’a rien demandé, pour nous focaliser sur celle de la zaouia Benabderrahmane, en «restauration» depuis 2014 à l’instar d’autres zaouias et mosquées, mais qui sont restées à l’état de gravats. Pressée de questions par les rares journalistes présents, qui voulaient profiter de l’occasion pour en savoir plus sur le sort réservé aux nombreux lieux de cultes détruits pour restauration puis oubliés, la ministre de la Culture ne trouvera pas mieux que de répondre : « C’est bon, j’en ai assez ! »
Une déclaration bien enregistrée par les nombreux enregistreurs et la caméra d’une télévision de droit privé et qui engendrera une grande gêne du wali qui essayait de sourire à la « confession » de son invitée. Elle tentera tant bien que mal de réparer sa bourde, en déclarant qu’il y aura des commissions pour plancher sur le sujet. Mais le mal était fait, mettant encore plus mal à l’aise un wali à qui elle adressait de nombreux « il est plus qualifié que moi pour répondre » ! Il faut aussi signaler l’arrestation d’une vingtaine de personnes, jeudi, venues exprimer leur rejet des ministres du gouvernement Bedoui. Des personnes relâchées après la fin de la visite de Meriem Merdaci.